Lubumbashi, 21 septembre 2026- À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée chaque année le 21 septembre, Me Ghislain Kalwa Chulu, président du Cadre de Concertation de la Société Civile du Haut-Katanga (CCSCH-KAT), appelle au respect des droits fondamentaux des citoyens, particulièrement ceux des personnes arrêtées ou détenues.
Dans une tribune consacrée à cette journée, ce juriste de formation de l’Université de Lubumbashi et chercheur en droit international des droits de l’homme et en droit pénal international estime que la paix durable ne peut être dissociée du respect de la justice et de la dignité humaine.
Pour Me Ghislain Kalwa Chulu, la paix ne se joue pas uniquement dans les grandes institutions internationales ou dans les discussions diplomatiques. Elle se construit également au niveau local, notamment dans les commissariats, les postes de police et les lieux de détention.
Il rappelle à cet effet les garanties prévues par la Constitution de la République démocratique du Congo, particulièrement son article 18, qui encadre les conditions d’arrestation et de garde à vue. Toute personne arrêtée doit notamment être informée des motifs de son arrestation et de ses droits, tandis que la durée de la retenue est limitée à 48 heures avant sa libération ou sa mise à la disposition de l’autorité judiciaire compétente.
« Violer les 48h, c’est fabriquer de la révolte. Frapper un détenu, c’est fabriquer de la haine », souligne-t-il dans sa tribune.
Le président du Cadre de Concertation de la Société Civile du Haut-Katanga rappelle également les dispositions constitutionnelles relatives à l’interdiction des traitements cruels, inhumains ou dégradants, à la présomption d’innocence et au droit à la défense.
Il cite parmi les préoccupations nécessitant une attention particulière les gardes à vue qui se prolongeraient au-delà du délai légal, l’absence d’information des personnes arrêtées sur leurs droits dans une langue qu’elles comprennent ainsi que les violences qui pourraient être utilisées pour obtenir des aveux.
Face à ces préoccupations, Me Ghislain Kalwa Chulu formule plusieurs propositions à l’endroit des autorités. Il demande notamment au Gouverneur du Haut-Katanga et au Maire de Lubumbashi de faire afficher l’article 18 de la Constitution en français et en swahili dans les lieux de détention, afin que les personnes arrêtées puissent connaître leurs droits.
Il appelle également le Parquet général près la Cour d’appel de Lubumbashi à renforcer les inspections des lieux de détention et à veiller au respect des délais légaux. La Police nationale congolaise, l’ANR et la DEMIAP sont, quant à elles, invitées à renforcer la formation des agents sur les droits des personnes privées de liberté.
Le président du Cadre de Concertation de la Société Civile du Haut-Katanga propose enfin la mise en place d’une « Cellule Mixte d’Alerte Précoce Paix et Droits Humains », réunissant les autorités provinciales, la société civile et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. Cette structure aurait notamment pour mission d’effectuer des visites conjointes dans les lieux de détention et d’établir régulièrement un état des lieux sur le respect des droits humains.
Pour Me Ghislain Kalwa Chulu, la Journée internationale de la paix doit ainsi être l’occasion de rappeler que la paix ne signifie pas seulement l’absence de guerre. Elle suppose également le respect de la dignité humaine, de la justice et des droits fondamentaux de chaque citoyen.
« La paix passe par le respect des droits fondamentaux du citoyen, dont les droits de la personne arrêtée ou détenue », conclut-il.
