Kinshasa, 24 septembre 2026 — Face aux interrogations sur les objectifs du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, la Première ministre Judith Suminwa a voulu clarifier la position de Kinshasa devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Initié par le président Félix Tshisekedi, ce processus est présenté par la cheffe du gouvernement comme un instrument destiné à renforcer la cohésion nationale et à s’attaquer aux fragilités structurelles de la République démocratique du Congo.
Devant les Nations unies, Judith Suminwa a insisté sur la vocation du Dialogue national : rassembler les forces politiques et sociales attachées à la République, à la Constitution, à l’intégrité du territoire et au rejet de la violence. Elle a surtout tenu à lever toute ambiguïté sur sa finalité.
« Ce dialogue ne vise ni à contourner les institutions, ni à organiser un partage du pouvoir », a-t-elle affirmé.
Pour la Première ministre, le processus doit plutôt permettre d’aborder les causes profondes des fragilités de l’État congolais et de rechercher des réponses susceptibles de consolider l’unité nationale.
Judith Suminwa a également réaffirmé la disponibilité du gouvernement à poursuivre le dialogue avec les acteurs concernés.
« La main du gouvernement demeure tendue », a-t-elle déclaré, tout en fixant une limite qu’elle considère comme fondamentale, le dialogue politique interne ne peut pas effacer la dimension extérieure du conflit dans l’est du pays.
« Aucun dialogue intérieur ne saurait transformer une agression extérieure en simple différend domestique », a-t-elle martelé.
Cette déclaration intervient alors que Kinshasa continue de défendre, sur la scène internationale, la thèse d’une agression extérieure impliquant le Rwanda et l’AFC/M23.
Pour autant, la Première ministre reconnaît que la crise sécuritaire ne peut pas servir à éluder les problèmes internes du pays.
Selon elle, le fait de dénoncer l’agression extérieure ne doit pas empêcher la RDC de regarder ses propres fragilités en face, d’identifier ses faiblesses et d’engager les réformes nécessaires.
Le message de Judith Suminwa devant l’ONU repose ainsi sur un double impératif : défendre la souveraineté de la RDC face aux menaces extérieures, tout en renforçant l’État de l’intérieur.
À travers le Dialogue national, Kinshasa entend donc ouvrir un espace de discussion sur les causes structurelles de la fragilité du pays, sans remettre en cause les institutions existantes ni transformer le processus en mécanisme de redistribution du pouvoir politique.
Josué Kid
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