Kinshasa, 24 septembre 2026 — Le message de Kinshasa se veut désormais sans ambiguïté. Devant la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, a estimé que la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ne pouvait plus être invoquée par Kigali pour justifier le maintien de ses troupes sur le territoire congolais.
« Mon pays demeure confronté à une guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l’ont documenté les Nations unies », a déclaré la cheffe du gouvernement congolais.
Au cœur de l’argumentaire de Judith Suminwa : le protocole signé le 30 mai 2026 par la direction politique et militaire des FDLR.
Cet engagement prévoit le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des combattants, avant leur rapatriement ou leur relocalisation, jusqu’à la dissolution du mouvement. Les éventuelles poursuites judiciaires pour les crimes graves restent, elles, maintenues. Pour Kinshasa, ces engagements changent la donne.
La Première ministre a notamment rappelé le rapatriement, le 8 septembre dernier, de 120 personnes associées aux FDLR avec l’appui de la MONUSCO. Une première opération qu’elle présente comme un signal concret de la mise en œuvre des engagements pris.
Dès lors, estime-t-elle, la présence des FDLR ne saurait plus constituer un argument pour justifier le maintien des forces rwandaises en RDC.
Judith Suminwa veut désormais accélérer la mise en œuvre des différents cadres diplomatiques engagés pour mettre fin à la crise dans l’est de la RDC.
Elle appelle à une articulation étroite entre les processus de Washington et de Doha ainsi que les mécanismes de l’Union africaine.
Kinshasa réclame notamment un calendrier précis, une vérification indépendante, un partage régulier des informations et des sanctions en cas de violation des engagements.
L’objectif affiché est clair, passer des déclarations politiques à des mécanismes permettant de vérifier, étape après étape, le respect des engagements pris par les différentes parties.
Judith Suminwa a défendu le rôle essentiel de la mission onusienne dans le contexte sécuritaire actuel. Pour Kinshasa, toute évolution de sa présence doit être directement liée aux réalités sécuritaires sur le terrain.
La Première ministre met ainsi en garde contre une évolution qui pourrait créer un vide sécuritaire, exposer davantage les populations civiles et veut des garanties, pas seulement des engagements
À New York, le gouvernement congolais a donc voulu placer la question de la mise en œuvre au centre du débat.
Pour Judith Suminwa, les engagements sur le désarmement des FDLR, le désengagement des forces rwandaises et la protection des civils doivent désormais être accompagnés d’un mécanisme de contrôle crédible.
