Goma, 25 septembre 2026- Les activités académiques restent suspendues dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu, deux villes de l’Est de la République démocratique du Congo occupées par l’AFC/M23. La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo, explique cette mesure par la nécessité de préserver la valeur et la reconnaissance des diplômes délivrés dans ces zones.
Intervenant sur Top Congo, la ministre a notamment contesté la légitimité des nominations intervenues dans certaines universités de Goma et Bukavu sous l’autorité des structures mises en place par l’AFC/M23.
Pour elle, Kinshasa ne peut reconnaître des responsables universitaires désignés dans des zones où l’administration publique régulière n’exerce plus son autorité.
« Nulle part, dans nos accords avec l’UNESCO ou l’Union africaine, on ne confie l’enseignement supérieur à des groupes armés », a déclaré Marie-Thérèse Sombo, justifiant ainsi la position du gouvernement congolais.
La ministre assure toutefois que la décision ne vise pas à pénaliser les étudiants. « Ce n’est pas pour sanctionner nos enfants », a-t-elle insisté, expliquant que la suspension cherche plutôt à éviter que des diplômes obtenus dans ces conditions soient contestés ultérieurement au niveau national ou international.
La mesure concerne notamment les inscriptions et réinscriptions, la poursuite des enseignements, l’organisation des évaluations, les délibérations ainsi que tout acte administratif ou académique pouvant conduire à la délivrance d’un diplôme.
Une dérogation est toutefois prévue pour certains étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026, afin de leur permettre d’achever leur parcours dans les conditions déterminées par les autorités compétentes.
À travers cette décision, le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire entend maintenir un cadre national de certification des diplômes et éviter que les titres académiques délivrés dans les zones occupées par l’AFC/M23 soient ultérieurement remis en cause par les autorités congolaises ou par des institutions académiques étrangères.
La suspension intervient dans un contexte marqué par la prise de contrôle de Goma et Bukavu par l’AFC/M23 et par la mise en place, dans ces zones, de structures administratives parallèles à celles reconnues par le gouvernement central.
Pour Kinshasa, les actes administratifs posés par ces structures, notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur, ne peuvent produire d’effets académiques officiellement reconnus par l’État congolais.
