Kisangani, 6 octobre 2026- Cent cinquante-sept étudiants en médecine venus de Goma et de Bukavu ont sollicité leur intégration à l’Université de Kisangani (UNIKIS), après la suspension des activités académiques dans onze établissements d’enseignement supérieur et universitaire de ces deux villes occupées par la rébellion de l’AFC/M23.
L’information a été donnée mardi 6 octobre par le secrétaire général académique de l’UNIKIS, le professeur Régis Katuala.
Ces étudiants séjournent à Kisangani depuis près de deux mois. Il s’agit en grande partie de médecins stagiaires en provenance de l’Université de Goma (UNIGOM) et de l’Université officielle de Bukavu (UOB). Ils attendent leur intégration à l’UNIKIS, une procédure qui tarde, selon certains d’entre eux.
« Quand nous approchons les autorités académiques, ils nous disent de patienter. Et là, on est toujours en train de patienter mais c’est toute une année qui est en train de s’écouler. C’est depuis 7 semaines qu’on est là, on avait déjà commencé le stage à Goma, et là, on attend toujours, pendant que nos camarades d’ici avancent avec le stage », a confié Jennifer Babingwa, médecin stagiaire en provenance de l’UNIGOM.
De son côté, l’administration de l’UNIKIS assure que le traitement des dossiers reçus est déjà terminé. La prochaine étape consiste notamment à transmettre les dossiers à la Faculté de médecine et à mettre en place une commission chargée de déterminer l’affectation de chaque étudiant, soit dans une structure sanitaire pour la poursuite des stages, soit dans les auditoires en fonction de son niveau académique.
« Nous avons rassemblé le dossier de chaque étudiant pour que nous puissions savoir qui doit être placé à quel niveau. Ce travail est presque fini. La Faculté de médecine qui doit accueillir ces étudiants a déjà déblayé le terrain », a indiqué le professeur Régis Katuala à Actualité.cd.
La question des frais académiques reste toutefois en suspens. Ces étudiants affirment avoir déjà payé les frais académiques dans leurs universités respectives avant leur déplacement. Certains disent avoir déboursé plus de 1 000 dollars avant de rejoindre Kisangani et demandent aux autorités d’alléger les obligations financières qui pourraient leur être imposées à l’UNIKIS.
« Cette question nous ne pouvons pas la résoudre sans nous référer directement à la hiérarchie. La hiérarchie nous dira comment nous devons nous comporter », a précisé le secrétaire général académique de l’UNIKIS.
À Kisangani, certains étudiants déplacés se retrouvent également sans famille pour les accueillir. D’autres sont arrivés sans leurs relevés de cotes, qu’ils affirment ne pas avoir pu récupérer auprès des établissements concernés, les documents étant notamment bloqués par les comités de gestion mis en place par l’AFC/M23.
En août dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire avait suspendu les activités académiques dans onze établissements d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu, à la suite de la mise en place de nouveaux comités de gestion par l’AFC/M23 dans ces établissements.
