Kinshasa, 28 septembre 2026- Le crash de Kenge, qui a fait 17 morts, dont deux hauts magistrats militaires, relance les interrogations sur le suivi des précédents incidents impliquant la compagnie TRACEP Congo Aviation et sur le rôle du Bureau permanent d’enquêtes d’accidents et incidents d’aviation (BPEA).
Une source relayée par la journaliste Rachel Kitsita, présentée comme interne au secteur aérien met notamment en question les suites données aux accidents précédents de TRACEP. Elle cite une sortie de piste à Wamaza en janvier 2025, un autre incident à Bunia en juillet 2025 ainsi que le crash mortel d’un L-410 à Walikale, le 24 juillet 2026, qui avait coûté la vie au pilote.
Selon cette source, aucun rapport technique public n’aurait été retrouvé pour ces différents dossiers, une affirmation qui reste à vérifier auprès des autorités compétentes.
La même source s’interroge particulièrement sur le dossier de Walikale.
« Le 24 juillet : accident mortel, enquête BPEA, pas de rapport public, TRACEP continue à voler. 25 septembre : nouveau crash mortel. 26 septembre : CTA suspendu immédiatement », écrit-elle, avant de demander quelles mesures l’Autorité de l’aviation civile (AAC) aurait prises à la suite des précédentes enquêtes.
Ces interrogations prennent une dimension particulière après la décision de Jean-Pierre Bemba de suspendre immédiatement le Certificat de transporteur aérien (CTA) de TRACEP, au lendemain du crash de Kenge. La mesure interdit à la compagnie d’exploiter ses aéronefs sur l’ensemble du territoire national jusqu’à la fin des enquêtes conduites par le BPEA.
La source avance également de graves accusations concernant le fonctionnement du BPEA, évoquant notamment un « monnayage » présumé des rapports techniques, des paiements qui auraient été exigés pour l’ouverture des enquêtes et la prise en charge des enquêteurs par les exploitants concernés. Elle cite même des montants précis et plusieurs compagnies aériennes.
Ces accusations, particulièrement graves, ne sont toutefois pas établies par des documents publics consultés à ce stade et n’ont pas été confirmées par le BPEA ou les compagnies citées. Elles devront donc être confrontées aux responsables de l’autorité d’enquête et aux autres institutions compétentes.
Le BPEA a, de son côté, officiellement ouvert une enquête de sécurité sur le crash de Kenge et dépêché des enquêteurs sur le site. Il a demandé la préservation des lieux ainsi que la mise à disposition du manifeste des passagers et du nom du commandant de bord.
Au-delà des accusations formulées par cette source, une question demeure au centre du débat : quelles conclusions avaient été tirées des précédents incidents impliquant TRACEP et quelles mesures de sécurité avaient été prises avant le crash de Kenge ?
Le crash du 25 septembre, qui a coûté la vie à 17 personnes, dont les lieutenants-généraux Joseph Mutombo Katalayi Tiende et Lucien-René Likulia Bakumi, donne désormais une importance particulière à ces interrogations.
Les enquêtes en cours devront notamment permettre d’établir les causes du drame et de déterminer si des éléments liés à l’état technique ou à l’exploitation de l’appareil avaient été identifiés auparavant.
