Kinshasa, 8 octobre 2026- Le député national Gratien Iracan Unen de Saint-Nicolas réagit à la demande du Bureau de l’Assemblée nationale adressée aux élus, les appelant à transmettre les preuves de leurs réalisations dans leurs circonscriptions avant le 15 octobre. Dans un communiqué officiel publié le 7 octobre 2026, l’élu de l’opposition affirme que les députés doivent rendre compte à leurs électeurs, tout en dénonçant une confusion entre les missions du pouvoir législatif et celles de l’Exécutif.
Se référant aux articles 100 et 101 de la Constitution, Gratien Iracan rappelle que le député représente la Nation, vote les lois et contrôle le Gouvernement. Selon lui, la réalisation des infrastructures publiques, notamment les écoles, centres de santé, routes et ponts, relève de l’action de l’Exécutif à travers le budget de l’État adopté par le Parlement.
« Rendre compte, oui ; confondre les rôles, non », soutient-il, estimant que l’évaluation d’un député ne devrait pas être fondée sur le nombre d’ouvrages qu’il aurait financés.
« Juger un député au nombre d’ouvrages qu’il finance, c’est le transformer en bailleur de fonds et ouvrir la porte au clientélisme », avertit-il.
L’élu affirme par ailleurs n’avoir jamais bénéficié d’un appui financier de l’État, du Gouvernement ou de l’Assemblée nationale pour réaliser des infrastructures ou des œuvres sociales. Il dit avoir mené ses actions sur fonds propres ou à travers des plaidoyers auprès des autorités compétentes.
Gratien Iracan demande ainsi au Bureau de l’Assemblée nationale de clarifier l’existence éventuelle d’un mécanisme permettant aux députés de financer ou d’exécuter des ouvrages publics, ainsi que les critères d’attribution d’un tel financement.
Il souhaite également que soit publiée la liste des élus qui auraient bénéficié de subventions pour mener des actions relevant, selon lui, des prérogatives du Gouvernement.
Pour le député de l’opposition, l’évaluation des parlementaires devrait plutôt porter sur leur travail législatif, leurs initiatives, les mécanismes de contrôle exercés sur le Gouvernement et leurs actions de plaidoyer en faveur des populations.
Gratien Iracan assure enfin qu’il transmettra dans le délai fixé le bilan de ses actions parlementaires, estimant que « le peuple congolais mérite la vérité sur le travail de ses élus ».
