Kinshasa, 9 octobre 2026- Le discours de Joseph Kabila continue de susciter des réactions dans la classe politique congolaise. Patrick Katengo a vivement critiqué l’adresse à la nation de l’ancien président, qu’il considère comme un discours « extrémiste », estimant qu’il traduit la position d’un homme « au bout de souffle » plutôt que celle d’un acteur proposant des solutions concrètes à la crise que traverse la République démocratique du Congo.
Pour Patrick Katengo, l’ancien chef de l’État a davantage insisté sur les initiatives de dialogue qui, selon lui, n’ont pas été prises en compte par le pouvoir de Félix Tshisekedi que sur des propositions concrètes susceptibles de contribuer à la résolution des problèmes politiques et sécuritaires du pays.
Il reproche ainsi à Joseph Kabila de se plaindre du rejet présumé de ses propositions sans présenter, à ses yeux, une démarche suffisamment claire pour sortir le pays de l’impasse.
Cette critique intervient après que Joseph Kabila a dénoncé la gestion de la crise par le pouvoir en place, accusant Félix Tshisekedi de privilégier la soumission au dialogue.
L’ancien président a également évoqué l’augmentation de la dette publique, qu’il affirme avoir dépassé les 18 milliards de dollars, tout en dénonçant le rejet de plusieurs initiatives de paix portées notamment par des organisations régionales et internationales, ainsi que par la CENCO et l’ECC.
Sur le plan politique et sécuritaire, Joseph Kabila a insisté sur la nécessité d’une solution négociée à la crise congolaise. Il a notamment critiqué l’approche du pouvoir face aux acteurs qui ne partagent pas ses idées et ses méthodes, présentant le dialogue comme une voie nécessaire pour sortir de la situation actuelle.
Mais Patrick Katengo rejette cette posture et estime que l’ancien président ne peut pas se présenter comme un donneur de leçons au regard de son propre bilan à la tête du pays.
Il lui reproche les désordres qu’il estime avoir marqués sa période au pouvoir et conteste ainsi la légitimité de ses critiques contre la gestion actuelle.
Cette réaction s’inscrit dans le débat politique autour de l’adresse de Joseph Kabila, qui a remis au centre des discussions la responsabilité des dirigeants dans la crise actuelle, la gestion économique du pays et la place du dialogue dans la recherche d’une solution durable.
