Kinshasa, 20 octobre 2026- Le lancement du Front pour la refondation de la nation (FRN), placé sous la direction de l’ancien président congolais Joseph Kabila et intégrant le M23, suscite de nouvelles réactions en Europe. Deux députés européens appellent l’Union européenne (UE) à sanctionner les responsables de la déstabilisation dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment Joseph Kabila et les responsables rwandais accusés de soutenir le mouvement rebelle.
« Nous appelons l’UE à sanctionner les responsables de la déstabilisation, dont Joseph Kabila et les responsables rwandais soutenant le M23 », ont déclaré les deux parlementaires, qui demandent également le respect des accords de paix, la défense de la souveraineté congolaise et un renforcement de l’aide humanitaire en faveur des populations affectées par les combats.
Cette démarche intervient après l’annonce, à la mi-octobre, du lancement du FRN, une nouvelle appellation de la coalition armée précédemment connue sous le nom d’Alliance Fleuve Congo (AFC)-M23.
Joseph Kabila en a pris la direction, dans un contexte où les affrontements se poursuivent dans l’est du pays. Cette évolution suscite des inquiétudes quant à la poursuite des violences et à leurs conséquences sur la stabilité de la région.
Dans leur intervention, les deux élus européens exhortent également les institutions de l’Union européenne à donner suite aux résolutions déjà adoptées sur la crise congolaise. L’un des intervenants insiste sur la nécessité de rendre effectives les mesures visant le Rwanda, accusé de soutenir le M23.
« Nos résolutions ne peuvent pas rester lettre morte. L’Europe ne peut pas se taire », a-t-il déclaré, estimant que la crédibilité du Parlement européen dépend également de la mise en œuvre de ses décisions.
Cet appel intervient alors que le Parlement européen avait déjà adopté, le 13 février 2025, une résolution condamnant l’offensive du M23 et la présence des forces rwandaises dans l’est de la RDC.
Les eurodéputés avaient notamment demandé le gel de l’aide budgétaire directe au Rwanda, la suspension de l’accord entre l’UE et Kigali sur les matières premières critiques, ainsi que l’arrêt de l’assistance militaire et sécuritaire européenne aux forces rwandaises, sous certaines conditions.
Toutefois, la demande formulée par les deux parlementaires ne constitue pas une décision de sanction contre Joseph Kabila.
L’adoption de nouvelles mesures restrictives relève des procédures institutionnelles de l’Union européenne et nécessite une décision des autorités compétentes.
