Kinshasa, 20 octobre 2026- Le ministère de l’Intérieur envisage d’organiser un atelier consacré à la sécurisation des journalistes en République démocratique du Congo, dans le cadre de la nouvelle gouvernance sécuritaire.
L’annonce a été faite par Alphonse Ntambwe Kikangala, directeur de cabinet adjoint du vice-Premier ministre de l’Intérieur chargé des questions juridiques, lors de son passage à l’émission Mag du Dimanche, présentée par Mamina Masengo sur B-One TV.
Cette initiative vise à identifier les menaces auxquelles les professionnels des médias sont exposés et à proposer des mécanismes adaptés pour renforcer leur protection. Sa mise en œuvre reste toutefois conditionnée par la disponibilité du vice-Premier ministre de l’Intérieur.
« Alors pour cela, nous sommes en train d’envisager si l’agenda du VPM, Son Excellence, le permet, de tenir un atelier maintenant au niveau du ministère pour parler de la sécurisation du journaliste dans le cadre de la nouvelle gouvernance sécuritaire », a déclaré Alphonse Ntambwe Kikangala.
Il a insisté sur la nécessité d’associer les journalistes à cette démarche afin de mieux cerner les risques liés à l’exercice de leur profession et de définir des réponses appropriées.
« Il faut s’attendre à ce que nous puissions faire un diagnostic partagé. Parce qu’avec la nouvelle gouvernance sécuritaire à la base, on met l’homme au centre de son intérêt. Jamais on ne pourra pas sécuriser, Madame Mamina, sans l’associer à sa propre sécurité. On doit ensemble étudier le problème qui est le vôtre, faire un diagnostic, identifier les causes de vulnérabilités, les menaces qui sont les vôtres, et ensemble prendre des résolutions », a-t-il expliqué.
Abordant les menaces qui pèsent sur les professionnels des médias, le Dircaba a notamment évoqué les journalistes tués ces dernières années, estimant que leur protection doit constituer une préoccupation particulière des autorités, compte tenu des risques auxquels ils sont exposés en raison de leur travail.
« Parce que si on doit tuer aujourd’hui le journaliste parce qu’il informe, l’informateur est tué pour avoir donné l’information, ça peut nous interpeller sur comment assez particulièrement protéger le journaliste pour qu’il ne soit pas la cible à son domicile, au lieu du travail, pendant qu’il va à ses occupations », a-t-il souligné.
Par ailleurs, Alphonse Ntambwe Kikangala a rappelé l’importance du respect de la déontologie journalistique, particulièrement dans un contexte marqué par l’essor des réseaux sociaux et la multiplication des personnes qui s’improvisent journalistes.
Établissant un parallèle avec la profession d’avocat, il a déclaré : « Vous savez, chez nous les avocats, la déontologie ne protège pas l’avocat, mais protège sa profession. Parce que même l’avocat est tenu d’exercer sa profession avec dignité et honneur. Autrement, il est en train de scier la planche sur laquelle il est assis. Je pense que ceci s’explique aussi pour la profession des journalistes. Aujourd’hui, surtout avec les réseaux sociaux, tout le monde s’improvise journaliste, on vit n’importe quoi. »
Pour lui, la protection des journalistes doit tenir compte de leur exposition aux réactions que peuvent susciter leurs publications, notamment dans un environnement politique marqué par des positions divergentes entre le pouvoir et l’opposition.
« La nouvelle gouvernance sécuritaire nous donne plusieurs schémas pour pouvoir dégager un modèle. Si c’est pas tellement une panacée, mais en tout cas, un modèle qui puisse faire que, le plus largement possible, que le journaliste soit protégé », a-t-il affirmé.
Cette réflexion intervient dans un contexte où la sécurité des professionnels des médias et le respect des règles déontologiques demeurent des enjeux majeurs pour l’exercice du journalisme en République démocratique du Congo.
