Kinshasa, 4 novembre 2026- La bataille judiciaire entre Moïse Katumbi et son demi-frère aîné, Raphaël Katebe Katoto, connaît un nouveau rebondissement. Alors que l’ancien gouverneur du Katanga est poursuivi devant la Cour de cassation à la suite d’une plainte de son frère, ses avocats passent désormais à l’offensive contre le magistrat chargé de l’instruction du dossier.
Le collectif des avocats de Moïse Katumbi a engagé une action en prise à partie contre l’avocat général Monsengo Motuli Izila, du Parquet général près la Cour de cassation. La procédure vise également l’État congolais, représenté par le ministre de la Justice. La requête, introduite par Me Patrick Lelu Nawej, a été réceptionnée par la haute juridiction le 29 octobre 2026.
Au cœur de cette démarche, la défense dénonce des irrégularités dans la conduite de la procédure judiciaire. Elle reproche notamment au magistrat d’avoir instruit le dossier ouvert à la suite de la plainte de Raphaël Katebe Katoto, puis d’avoir sollicité sa fixation devant la Cour de cassation à travers deux requêtes datées des 22 août et 11 septembre 2026, sans avoir préalablement entendu Moïse Katumbi.
Les avocats considèrent cette omission comme un manquement grave aux garanties fondamentales du droit de la défense. Ils qualifient notamment cette démarche de « dol » et invoquent une violation de l’article 19 de la Constitution, qui consacre le droit à la défense et le droit d’être entendu.
S’appuyant sur la loi organique du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation, le collectif demande l’annulation des actes d’instruction ainsi que des deux requêtes ayant conduit à la fixation de l’affaire.
Il réclame également des dommages-intérêts et sollicite la suspension de la procédure pénale principale jusqu’à ce que la Cour se prononce sur cette prise à partie.
Un conflit familial devant la justice
À l’origine de cette affaire se trouve un différend entre Moïse Katumbi et son demi-frère aîné, Raphaël Katebe Katoto, autour de plusieurs biens immobiliers et fonciers, notamment à Mulonde, Lofoi, Kashobwe, Futuka et Munguzi.
Katebe Katoto accuse son frère de spoliation, notamment concernant une villa à Lubumbashi et plusieurs fermes. Ces accusations ont donné lieu à une procédure devant la Cour de cassation, que la défense de Katumbi conteste, soulevant notamment des irrégularités de procédure et la prescription de certains faits.
Avec cette nouvelle action en prise à partie, le contentieux prend une autre dimension : au différend foncier opposant les deux membres de la famille Katumbi s’ajoute désormais une contestation directe des actes posés par le magistrat instructeur.
La Cour de cassation devra ainsi se prononcer sur les griefs formulés contre l’avocat général Monsengo Motuli Izila, tandis que la procédure pénale engagée contre Moïse Katumbi reste au centre de cette bataille judiciaire.
Justice
Moïse Katumbi, Raphaël Katebe Katoto, Monsengo Motuli Izila, Cour de cassation, prise à partie, conflit foncier, droits de la défense.
Junior Kanyiki
