Kinshasa, 4 novembre 2026- Six ans après son dépôt à l’Assemblée nationale, la proposition de loi contre le tribalisme et la xénophobie portée par le député national Garry Sakata n’a toujours pas fait l’objet d’un débat général en plénière. L’élu dénonce un blocage dont il affirme ne pas connaître les raisons.
Déposée le 16 septembre 2020, cette initiative législative vise à remplacer la loi de 1966, jugée aujourd’hui obsolète par son initiateur. Depuis son introduction au Parlement, le texte serait inscrit au calendrier des travaux de chaque session parlementaire, sans toutefois être soumis au débat général.
Invité mardi à un Space Live sur X, Garry Sakata a rappelé que quatre présidents se sont succédé à la tête de l’Assemblée nationale pendant cette période, notamment Jeanine Mabunda, Christophe Mboso, Vital Kamerhe et Aimé Boji Sangara, sans que sa proposition ne franchisse l’étape du débat en plénière.
« Je n’en connais pas les motifs », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que le Parlement avait certainement d’autres priorités.
Le député affirme que son initiative bénéficie notamment de l’appui du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme et de la division des affaires politiques de la MONUSCO. Elle a également été examinée lors de tables rondes organisées avec des acteurs de la société civile dans plusieurs provinces, dont celles du Kivu.
Le texte repose sur deux axes principaux : la lutte contre le tribalisme et celle contre la xénophobie. Chacun prévoit un volet institutionnel ainsi qu’un dispositif préventif et répressif.
Pour Garry Sakata, les discours tribaux sont progressivement devenus des instruments d’intolérance et de division politique. Il estime que la lutte contre ces pratiques doit constituer un élément essentiel de la politique nationale afin de préserver la cohésion sociale et l’unité de la République démocratique du Congo.
