Kinshasa, 03 novembre 2026- Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Me Jean-Claude Katende, accuse Félix Tshisekedi de fragiliser la Constitution et l’État de droit en République démocratique du Congo, à la suite des récentes déclarations du chef de l’État sur la Loi fondamentale.
Intervenant lundi 2 novembre lors d’un Space Live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, l’activiste des droits humains a rappelé que le président de la République, au-delà de ses convictions personnelles, a l’obligation constitutionnelle de respecter et de protéger la Loi fondamentale.
« Aucun Congolais n’est obligé d’aimer la Constitution. Elle existe, et nous avons tous l’obligation, en tant que républicains, de la respecter et de la protéger. Le premier Congolais à devoir assumer ce devoir, c’est le président de la République », a-t-il déclaré.
Me Katende réagissait notamment aux propos de Félix Tshisekedi, qui avait exprimé son désaccord avec la Constitution devant les élus de sa majorité, avant d’affirmer, lors de son séjour en Russie, qu’il menait un combat contre ce texte. Pour le président de l’ASADHO, cette posture est préoccupante, dans la mesure où les fonctions et les prérogatives du chef de l’État découlent précisément de cette Constitution.
Il estime que de telles déclarations pourraient être interprétées comme un signal adressé aux responsables des institutions et aux agents publics pour qu’ils s’alignent sur cette démarche. Il soupçonne également une volonté de remplacer la Constitution actuelle principalement dans l’intérêt du pouvoir en place, une perspective qu’il juge contraire aux principes républicains.
Le défenseur des droits humains a par ailleurs exprimé des réserves sur la loi référendaire récemment adoptée par les deux chambres du Parlement. Selon son analyse, certaines dispositions de ce texte accorderaient au président de la République des prérogatives que la Constitution en vigueur ne lui reconnaît pas, facilitant ainsi le lancement d’un processus de changement constitutionnel.
Il a également contesté l’interprétation faite par Félix Tshisekedi de l’article 217 de la Constitution, invoqué par le chef de l’État lors de son intervention en Russie. Cette disposition encadre la possibilité pour la RDC de conclure des accords comportant un abandon partiel de souveraineté dans le cadre de la promotion de l’unité africaine. Me Katende considère que son utilisation pour justifier certaines évolutions politiques ou territoriales est contestable.
Sur la question de l’éventuelle reconnaissance du kinyarwanda comme cinquième langue nationale, évoquée par le président de la République en lien avec les revendications attribuées à l’AFC/M23 dans les discussions de Doha, Me Katende estime qu’une telle question relève de la souveraineté populaire et ne saurait, à elle seule, justifier une modification de la Constitution.
