Kinshasa, 29 octobre 2026- Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies afin de garantir une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances internationales de décision.
Il s’exprimait jeudi, lors du troisième Sommet Russie-Afrique, devant son homologue russe Vladimir Poutine et plusieurs dirigeants africains.
« L’Afrique doit peser sur les décisions qui engagent son avenir. La réforme du Conseil de sécurité doit corriger l’injustice historique faite à notre continent, conformément à la position africaine commune portée par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte », a déclaré le chef de l’État congolais.
Il a également plaidé pour une meilleure prise en compte des mécanismes africains dans la prévention et le règlement des conflits, tout en appelant à une coopération russo-africaine fondée sur des résultats concrets.
« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il affirmé, réitérant l’attachement de Kinshasa à sa souveraineté.
Sur le plan sécuritaire, Félix Tshisekedi a sollicité le soutien de Moscou pour l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la crise dans l’Est de la RDC. Il a notamment évoqué la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées, la fin du soutien rwandais à cette rébellion et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
« J’appelle donc la Russie, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, à soutenir pleinement leur application et les efforts de médiation », a-t-il déclaré.
Le président congolais a également insisté sur la protection des civils, l’accès humanitaire et le retour volontaire des personnes déplacées et des réfugiés. Il a dénoncé l’exploitation illicite des ressources naturelles, qu’il considère comme un facteur de financement des conflits armés.
Sur le plan économique, il a présenté les priorités de la RDC dans sa coopération avec la Russie, notamment l’énergie, le potentiel hydroélectrique, le nucléaire civil, les infrastructures, la transformation locale des minerais et la sécurité alimentaire.
Il a plaidé pour des projets favorisant le transfert de technologies, la formation et la participation des entreprises locales, avec des financements clairement définis et des mécanismes de suivi.
Évoquant les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, Félix Tshisekedi a enfin appelé au maintien du dialogue et de la diplomatie, soulignant leurs répercussions sur les économies africaines, particulièrement à travers la hausse des prix des denrées alimentaires, des engrais et de l’énergie.
