Kinshasa, 27 octobre 2026- Au lendemain de l’adoption, par l’Assemblée nationale, de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo (RDC), la Coalition Article 64 (C64) réaffirme son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution et appelle au respect strict de l’ordre constitutionnel. Réunis en conclave à Rome, en Italie, du 25 au 27 octobre 2026, les membres de cette plateforme ont placé la défense de la Constitution au centre de leurs préoccupations politiques.
Le vendredi 23 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté de nouveau la proposition de loi relative à l’organisation du référendum, à l’issue d’une nouvelle délibération. Cette étape intervient dans un contexte de débats politiques autour de la possibilité d’organiser un référendum constitutionnel et des conséquences que pourrait avoir une telle démarche sur l’avenir des institutions du pays.
C’est dans ce contexte que la C64 a réaffirmé son attachement à la Loi fondamentale, estimant qu’aucune procédure référendaire ne peut servir à contourner les dispositions constitutionnelles qui encadrent l’exercice du pouvoir.
Dans sa déclaration de Rome faite ce mardi 27 octobre, la coalition rappelle que l’article 220 de la Constitution protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, ainsi que d’autres principes fondamentaux de l’ordre institutionnel. Elle considère qu’aucune majorité parlementaire ne peut légitimement justifier une démarche qui remettrait en cause ces dispositions.
Pour les signataires, les ambitions politiques individuelles ou les arguments avancés en faveur d’une réforme constitutionnelle ne peuvent prévaloir sur le respect de la Loi fondamentale. « Une Constitution n’a pas à être “aimée” ni désirée ; elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée », souligne la déclaration.
La C64 rejette ainsi toute modification de la Constitution, tout éventuel troisième mandat présidentiel et tout report des élections prévues en 2028. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de risque de « coup d’État constitutionnel », estimant que les institutions et les forces de sécurité ne doivent pas être instrumentalisées pour permettre à un dirigeant de se maintenir au pouvoir au-delà des limites fixées par la Constitution.
Fidèle à l’esprit de l’article 64 de la Constitution, qui reconnaît aux Congolais le droit de faire échec à toute personne exerçant le pouvoir en violation de la Loi fondamentale, la coalition appelle les citoyens à défendre l’ordre constitutionnel, les libertés publiques, l’unité nationale et l’intégrité territoriale.
La plateforme plaide également pour le dialogue comme voie de règlement des différends politiques, dans un contexte marqué par les tensions autour de l’avenir des institutions et la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
