Kinshasa, 6 novembre 2026- La gestion par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, du dossier de pollution environnementale attribuée à l’entreprise Congo Dongfang International Mining (CDM) aux quartiers Kasapa, Kamatete et autres à Lubumbashi pourrait bientôt être portée devant l’Assemblée nationale.
L’activiste de droit de l’homme, Maître Hubert Tshiswaka Président de IRDH, annonce son intention de saisir un député national et de mobiliser d’autres élus du Haut-Katanga afin d’obtenir des explications du ministre sur ce qu’il considère comme le sacrifice des populations autochtones au profit des intérêts d’une entreprise minière.
Au cœur de cette démarche figure notamment la décision de lever les mesures de suspension des activités de CDM alors que plusieurs engagements de réparation envers les communautés affectées resteraient inexécutés.
Pour Maître Hubert, cette situation donne le sentiment que les intérêts de l’entreprise ont pris le dessus sur la protection de milliers d’habitants de Kasapa, Kamatete et Kamisepe, toujours préoccupés par les conséquences sanitaires et environnementales de la pollution.
L’avocat entend ainsi transmettre le dossier à un député national afin d’engager une question orale à l’Assemblée nationale à l’endroit de Louis Watum Kabamba. Le ministre devra notamment s’expliquer sur les circonstances de la reprise des activités de CDM, le suivi des obligations de réparation et les mesures prises pour garantir la protection des populations affectées.
La démarche devrait également associer d’autres élus du Haut-Katanga, appelés à porter les revendications des communautés jusqu’à l’hémicycle. Parmi les principales préoccupations figurent les six millions de dollars américains de réparation collective, la prise en charge sanitaire des victimes pendant au moins cinq ans, le forage de quinze puits d’eau potable et la réalisation des autres mesures prescrites par le ministère des Mines.
Après les cinq organisations de la société civile qui ont réclamé l’interpellation du ministre, cette initiative entend donner une dimension parlementaire au dossier.
Pour les populations affectées, l’enjeu est désormais de faire entendre leur détresse au sommet des institutions et d’obtenir des réponses sur les décisions ayant conduit à la reprise des activités de CDM alors que les réparations restent, selon les ONG, largement attendues.
