Kinshasa, 27 octobre 2023.- Dans l’Est de la RDC, où les tensions entre Kinshasa et Kigali s’intensifient, la Fédération de Russie plaide en faveur d’une “solution pacifique”. Le diplomate russe à Kinshasa, Alexey Sentebov, a réaffirmé cette position lors de sa rencontre avec le ministre congolais des Affaires étrangères, Christophe Lutundula.
Malgré le cessez-le-feu négocié par les dirigeants régionaux, les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, continuent d’attaquer les forces armées de la RDC dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Ces hostilités se rapprochent dangereusement de Goma, et de nombreuses vies humaines ont été perdues.
Face à cette situation préoccupante, Christophe Lutundula et Alexey Sentebov ont discuté de la coordination des efforts internationaux, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que des préparatifs pour le retrait de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC. Ils ont également évoqué la mise en œuvre d’un accord d’exemption de visa entre la Russie et la RDC pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service.
La Russie encourage une approche pacifique pour résoudre cette crise. Selon la représentante permanente adjointe de la Russie à l’ONU, Anna Evstigneeva, une normalisation durable dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs ne peut être obtenue par des mesures militaires.
Elle souligne l’importance d’un dialogue direct et ouvert entre les acteurs régionaux, ainsi que la nécessité de prendre en compte mutuellement les intérêts sécuritaires pour briser le cycle de la violence.
La Russie soutient également les efforts de la Monusco (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC) pour garantir la paix et protéger les civils. Moscou considère la présence des Casques bleus comme un facteur de stabilisation crucial dans la zone de conflit.
Le pays salue également le rapport spécial du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui souligne l’importance d’une approche progressive et responsable, prenant en compte l’évolution de la situation sur le terrain et l’avis des autorités congolaises.
Nicolas Kayembe
