Kinshasa, 03 mars 2025- Le secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Ramazani Shadari, a été convoqué, samedi dernier, au ministère de l’Intérieur. Cette audition intervient dans un contexte de tensions exacerbées entre la RDC et le Rwanda allié au M23 et à l’AFC. Les autorités congolaises cherchent à clarifier la position du PPRD, principal parti d’opposition, face au conflit en cours.
Selon une dépêche officielle, Shadari a éprouvé des difficultés à expliquer certaines déclarations de son parti. L’attention s’est notamment portée sur des affirmations du PPRD concernant des « activités clandestines » en lien avec le conflit. L’audition a également soulevé une question sensible : l’adhésion présumée de certains membres du PPRD aux rangs du M23. Face à ces accusations, le responsable politique n’a pas apporté de réponses précises.
L’attitude réservée de Ramazani Shadari a renforcé les interrogations des autorités congolaises. À l’issue de la séance, il n’a pas su formuler une position claire du PPRD sur l’occupation de l’Est congolais par l’armée rwandaise. Une ambiguïté qui nourrit les soupçons et met en question l’engagement du parti dans la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
Face à cette situation, le vice-premier ministre de l’Intérieur, Shabani Lukoo Jacquemain, a tenu à rappeler « avec fermeté » l’obligation pour le PPRD de respecter les lois régissant les partis politiques en RDC. Un avertissement direct qui traduit la volonté du gouvernement de ne tolérer aucun discours ou acte pouvant compromettre la stabilité nationale.
Cette convocation marque un tournant dans la relation entre le pouvoir et l’opposition. Alors que la RDC traverse une crise sécuritaire majeure, toute ambiguïté sur l’attitude des partis politiques face aux forces ennemies est perçue comme une menace potentielle. L’audition de Shadari pourrait être le prélude à un durcissement du ton du gouvernement envers les formations politiques jugées trop évasives sur la question de la souveraineté nationale.
