Kinshasa, 19 août 2025- La RD Congo et le Rwanda ont conclu, le 27 juin dernier à Washington, un accord de paix sous la médiation de l’administration Trump, visant à mettre un terme aux conflits qui déstabilisent l’Est congolais depuis plusieurs décennies. Toutefois, sa mise en œuvre reste conditionnée à des étapes préalables, notamment le processus de Doha où Kinshasa doit négocier avec la rébellion de l’AFC/M23, qui contrôle actuellement plusieurs territoires dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
“Nous avons l’accord du 27 juin aux États-Unis, et comme nous le répétons, cet accord ne peut pleinement produire ses effets si le processus de Doha n’est pas achevé. On espère que celui-ci entre dans sa phase conclusive. Lorsque nous aurons les deux accords sur papier, nous travaillerons à les implémenter”, a expliqué Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.
Cette semaine, les équipes du gouvernement et celles de la rébellion se rendront à Doha pour étudier le projet d’accord proposé par la médiation, étape cruciale pour la concrétisation des engagements pris à Washington.
Concernant l’accord Kinshasa-Kigali, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame restent attendus à la Maison-Blanche pour une signature officielle à une date encore non dévoilée. Lucy Tamlyn, ambassadrice des États-Unis à Kinshasa, avait confirmé mi-juillet sur RFI que la mise en œuvre de l’accord venait de débuter et averti que le non-respect des engagements exposerait les parties à « des mesures punitives ».
Selon la diplomate américaine, le lancement de cet accord est marqué par la création d’un mécanisme de sécurité conjointe, illustrant la volonté ferme des États-Unis de mettre fin à un conflit de plus de 30 ans grâce à un calendrier d’exécution précis et un plan de témoins. “Je voulais aussi dire que cet accord est clair. Nous avons dit qu’il y aurait des conséquences si les engagements ne sont pas respectés : les mesures punitives, par exemple des sanctions et d’autres leviers diplomatiques”, a-t-elle souligné.
L’accord signé à Washington prévoit le respect de l’intégrité territoriale, l’arrêt des hostilités, le désengagement et le désarmement, ainsi que l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques. Il insiste également sur la coordination sécuritaire, le retour des réfugiés et la coopération économique régionale. Toutefois, la question des FDLR demeure un obstacle majeur, puisque Kigali considère ces Hutu comme des supplétifs de Kinshasa menaçant la stabilité de son pouvoir.
