Kinshasa, 23 août 2025- Le procès visant l’ancien président de la République Joseph Kabila – continue de susciter de vives réactions. Sur sa page X, Moïse Nyarugabo, ancien ministre et sénateur, a vivement critiqué l’auditeur général, les juges de la Haute cour, ainsi que les avocats des parties civiles et les membres de l’Union sacrée, accusant ces acteurs de transformer la justice en un outil politique.
« Même si vous manquez à faire, mais il y a des choses avec lesquelles on ne joue pas », a lancé Nyarugabo, originaire du Sud-Kivu, estimant que ce procès repose sur des éléments peu crédibles, « ramassés dans la rue et sur les réseaux sociaux ». Pour lui, il s’agit d’une mise en scène judiciaire dépourvue de fondement solide, motivée par des considérations extra-légales.
Dans son message, l’homme politique dénonce ce qu’il qualifie de dérive monarchique, où une minorité se comporterait comme si la République lui appartenait, au mépris des lois et de l’ordre républicain. Selon lui, le pouvoir serait désormais personnalisé, les décisions étant dictées par la satisfaction d’égo plutôt que par le respect de l’État de droit.
Nyarugabo s’interroge sur la cohérence des accusations portant sur la nationalité de l’ancien chef de l’État : comment qualifier d’apatride ou d’espion rwandais un homme qui a dirigé le pays pendant 18 ans ? Il souligne les risques d’un tel argument sur les plans juridique, institutionnel et symbolique.
Selon l’ancien ministre, cette démarche pourrait provoquer un effondrement de la légitimité de toutes les décisions prises pendant près de deux décennies, y compris les Constitutions promulguées et les serments prêtés. Il voit dans ce procès une menace sérieuse pour la stabilité institutionnelle du pays.
Moïse Nyarugabo critique également l’image internationale renvoyée par cette affaire, comparant la scène politique congolaise à des « enfants qui jouent dans la boue ». Pour lui, ce procès porte atteinte à la crédibilité de la RDC auprès de ses partenaires étrangers et constitue une honte nationale.
Dans un avertissement clair, Nyarugabo met en garde les instigateurs de ce procès contre les conséquences potentielles de leurs actions. « La roue ne va pas s’arrêter avec votre procès et la condamnation en téléchargement. Il y a toujours un match retour », prévient-il, soulignant le risque d’un effet boomerang de la jurisprudence en train de se créer.
