Kinshasa, 27 août 2025- Le président de la République, Félix Tshisekedi, a reçu mardi 26 août à la cité de l’Union africaine à Kinshasa, le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi. La rencontre a porté sur la mise en œuvre des engagements issus de l’Accord de paix de Washington, de la Déclaration de principes de Doha, ainsi que sur la préparation de la Conférence internationale sur la paix, prévue en octobre à Paris.
À l’issue de l’audience, Filippo Grandi a souligné le rôle central de la RDC dans la gestion de la question des réfugiés et des déplacés dans la région des Grands Lacs. « Il y a deux ans, le président Tshisekedi nous avait demandé de revitaliser le dialogue tripartite avec le Rwanda ; nous l’avions fait à l’époque. Maintenant, avec l’accord de Washington et les engagements pris à Doha, une ouverture politique s’est produite », a-t-il rappelé.
Le Haut commissaire a précisé que cette ouverture politique va permettre de mieux coordonner les actions sur un dossier à la fois humanitaire et lié aux dynamiques politiques. « Cette ouverture politique va permettre de travailler encore mieux sur ce dossier qui est humanitaire, mais qui a bien-sûr des retombées et des liens avec la situation politique », a-t-il insisté.
Dans ce cadre, Filippo Grandi, se positionnant comme facilitateur des dialogues et de leurs résultats, a indiqué que près de 600 réfugiés ont pu regagner leur pays de manière organisée et sécurisée. « Il y avait un groupe d’à peu près 600 réfugiés rwandais ou un peu moins ici, en RDC. On a eu l’autorisation des deux États, dans ce contexte tripartite, de les rapatrier et ils sont rentrés de façon correcte chez eux », a-t-il déclaré.
Le Haut commissaire a également fourni des données sur la situation humanitaire en RDC. Le pays accueille actuellement 515.381 réfugiés, dont 201.568 Rwandais, tandis que 1.224.592 Congolais se trouvent réfugiés dans les pays voisins, dont 78.787 au Rwanda. Il a précisé que 5,92 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, ce qui fait de la RDC le deuxième pays d’Afrique le plus touché par ce phénomène.
Concernant l’instabilité persistante dans l’Est, Filippo Grandi a alerté sur la présence de 260 groupes armés actifs dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Maniema et Tanganyika. « Ils sont responsables des violations graves des droits de l’Homme et se battent pour le contrôle des ressources minières », a-t-il souligné.
Le Haut Commissaire a appelé les bailleurs de fonds à traduire les engagements politiques en actions concrètes pour améliorer la vie des populations touchées par les conflits. « Il faut que maintenant les initiatives politiques se traduisent par des bénéfices concrets pour les personnes qui sont dans des situations de conflits, y compris les réfugiés et les déplacés », a-t-il insisté.
Enfin, Filippo Grandi a rappelé que son déplacement en RDC vise à attirer l’attention sur les crises humanitaires dans la région des Grands Lacs et à promouvoir des solutions durables. « On ne peut pas donner notre aval à des mouvements des populations. Il convient de s’assurer que les gens, de façon indépendante, informée et volontaire, désirent rentrer chez eux », a-t-il conclu.
