Kinshasa, 24 septembre 2025- Lors d’une interview mardi, l’opposant Emery Okundji a vivement critiqué l’Union sacrée, qu’il accuse d’avoir semé « un désordre » au sein de l’Assemblée nationale. Selon lui, les pétitions déposées contre certains membres du bureau ne visent qu’à fragiliser l’institution dans un contexte national déjà tendu.
L’élu du Sankuru estime que ces manœuvres politiques interviennent à un moment particulièrement critique, alors que la situation sécuritaire dans l’Est du pays reste alarmante. Il dénonce une stratégie de diversion orchestrée au détriment des urgences nationales.
« Le débat sur les pétitions qui frappent 5 membres du bureau de l’Assemblée nationale, bien que ce soit une cuisine interne entre membres de l’union sacrée, sent la nausée. On viole toutes les règles et les principes de droit pourvu qu’on atteigne l’objectif de déstabiliser l’institution au moment où la situation sécuritaire est alarmante au pays surtout dans l’Est, la situation sociale est intenable par les congolais, les naufrages et accidents deviennent quotidiens entraînant beaucoup de morts dans l’indifférence des gouvernants », a-t-il déclaré.
Revenant sur la démission de Vital Kamerhe de la présidence de la chambre basse, Emery Okundji n’a pas mâché ses mots à l’égard du chef de l’État. Il considère la réaction de Félix Tshisekedi comme empreinte de duplicité politique envers son allié.
« En ce qui concerne la réaction du président de la République, moi, je pense qu’elle est teintée d’hypocrisie politique envers son ailée. Parce qu’il est l’homme le mieux informé du pays et donc, rien ne peut se faire, surtout dans les institutions, sans qu’il soit informé au préalable », a-t-il ajouté.
Concernant la diffusion sur les réseaux sociaux d’une ancienne vidéo évoquant une possible révision constitutionnelle, l’ancien ministre des Postes et télécommunications y voit une tentative de test politique qu’il juge dangereuse.
« À ceux qui ont l’intention de changer ou de réviser la constitution, ils doivent savoir qu’ils porteront la lourde responsabilité historique des conséquences fâcheuses qui en découleront », a-t-il averti.
Il convient de noter que seuls deux membres du bureau de l’Assemblée nationale échappent aux pétitions en cours : Jean-Claude Tshilumbayi et Christophe Mboso N’kodia. Tous les autres sont visés par cette vague contestataire qui, selon Okundji, menace la stabilité institutionnelle.
