Kinshasa, 24 novembre 2025- L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a tiré la sonnette d’alarme après avoir transmis au Gouverneur de Kinshasa, Daniel Mbumba, les conclusions d’une enquête citoyenne menée durant trois mois dans plusieurs communes.
Cette organisation des droits de l’homme pointe un double problème devenu structurel. Il s’agit de l’insalubrité généralisée de la capitale et l’aggravation des embouteillages qui paralysent quotidiennement la circulation.
Selon l’ACAJ, la situation actuelle est le résultat d’un « délassement institutionnel grave » alimenté par une insalubrité chronique, des comportements inciviques persistants et l’absence d’une gouvernance urbaine efficace.
L’enquête révèle trois causes principales expliquant la dégradation de l’environnement urbain. L’ACAJ note l’incivisme grandissant et les dépôts sauvages d’ordures, la quasi-absence d’infrastructures modernes de gestion des déchets et des défaillances institutionnelles telles que la tolérance des marchés pirates ou encore l’impunité des auteurs d’infractions environnementales. Les enquêteurs notent que nombre de quartiers se transforment désormais en dépotoirs à ciel ouvert.
Le rapport souligne également les conséquences alarmantes du chaos routier. Ce, notamment l’occupation anarchique de l’espace public, étals et garages pirates sur la chaussée, stationnement désordonné, signalisation défaillante et routes en mauvais état. L’ACAJ pointe aussi l’absence de parkings, la dégradation des routes secondaires et le manque de voies de contournement pour les poids lourds, ce qui accentue la paralysie dans le centre-ville.
Face à cette situation jugée critique, cette structure dirigée par maître Georges Kapiamba, formule plusieurs recommandations. Pour restaurer la salubrité, elle propose la mise en place d’un système moderne de gestion des déchets, l’augmentation du nombre de poubelles publiques, la création de décharges contrôlées et la sanction des auteurs d’infractions environnementales, accompagnées de programmes permanents d’éducation civique.
Pour désengorger la capitale, l’ACAJ recommande la réhabilitation des routes secondaires, la création de parkings publics, l’application stricte du code de la route, la modernisation des feux de signalisation et la délocalisation organisée des marchés et garages pirates.
L’association insiste également sur la nécessité d’une gouvernance urbaine plus structurée, notamment par la création d’un comité mixte chargé du suivi de ces recommandations, associant autorités publiques, secteur privé, urbanistes et environnementalistes, avec publication de rapports trimestriels.
L’ACAJ a par ailleurs lancé un appel pressant à la responsabilité collective et invite les autorités à agir sans délai afin d’empêcher que la situation environnementale et routière de Kinshasa ne se détériore davantage.
Junior Kanyiki
Province
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