Kinshasa, 14 décembre 2025- Alors que le pays connaît une intensification dramatique de la crise sécuritaire à l’Est, marquée par la chute d’Uvira, un scénario que beaucoup redoutaient commence à prendre forme. Le président Félix Tshisekedi pourrait être contraint de quitter le pouvoir dans des conditions similaires à celles de Mobutu en 1997, face à l’effondrement de l’autorité de l’État dans plusieurs régions.
Un mandat en perte de contrôle
La situation actuelle ne relève plus du simple malaise, elle frôle la désintégration. Trois grandes villes de l’Est notamment Bunagana, Rutshuru et Uvira sont passées sous contrôle rebelle. L’armée recule, démoralisée. Les civils fuient. La communauté internationale, de plus en plus silencieuse, semble préparer l’après-Tshisekedi.
La chute d’Uvira n’est pas une ville de plus. C’est une alerte stratégique. Elle ouvre un couloir vers Fizi, Baraka, voire Kalemie. Elle isole le Sud-Kivu du Katanga, cœur économique du pays. Si Kolwezi ou Lubumbashi tombent, c’est l’État congolais tout entier qui sera en péril.
Une politique qui a ouvert la porte à l’agression
La responsabilité du chef de l’État est engagée. Plusieurs décisions controversées ont directement affaibli la souveraineté nationale :
- Le rapprochement irréfléchi avec le Rwanda et l’Ouganda, responsables directs ou indirects des rébellions à l’Est, a semé la confusion stratégique et affaibli la posture diplomatique de Kinshasa.
- L’invitation du M23 à Kinshasa en 2022, malgré les crimes documentés du groupe, a été perçue comme une légitimation politique inacceptable.
- L’adhésion précipitée à l’EAC, sans concertation nationale ni contrôle sur les conséquences sécuritaires, a permis une présence militaire étrangère durable sur le sol congolais, parfois jugée complice de l’ennemi.
- La tribalisme dans les nominations militaires et administratives a désorganisé la chaîne de commandement, semant la méfiance entre unités, là où l’unité était cruciale.
- Les propos du président qualifiant l’armée de “clochards”, ont brisé le moral des troupes et détérioré l’image du commandant suprême aux yeux de ses propres forces.
Vers quel scénario ?
- Scénario 1 : Départ précipité à la Mobutu, si l’armée s’effondre totalement, avec un exil politique et une perte totale de contrôle du territoire.
- Scénario 2 : Transition imposée, par les acteurs régionaux ou une conférence nationale, qui pousse Félix Tshisekedi à céder le pouvoir sous pression nationale et internationale.
- Scénario 3 : Maintien sous tensions, avec un pays coupé en deux : Kinshasa et le Kasaï sous autorité centrale, l’Est sous occupation armée.
- L’histoire retiendra que c’est par des choix mal préparés, un aveuglement stratégique et une gestion interne défaillante que le président Tshisekedi a compromis la souveraineté de la RDC. Il n’est pas encore trop tard pour changer de cap. Mais le temps joue désormais contre lui.
