Kinshasa, 19 décembre 2025- Suite à la mise en cause d’Emmanuel Ramazani Shadary, le secrétaire général du Parti politique pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Maurice Bahongoli a décidé de rouvrir le dossier du massacre de Nganza, un événement d’une tristesse accablante survenu lors de la rébellion Kamuina Nsapu.
Il demande que des poursuites judiciaires soient engagées contre l’ex-candidat présidentiel de 2018, en sa qualité d’ancien ministre de l’Intérieur en 2017, pour son implication présumée dans la violente répression qui a ensanglanté Kananga, au Kasaï-Central.
Selon les informations disponibles, une réunion du conseil de sécurité aurait eu lieu en mars 2017 à la mairie de Kananga, en présence notamment de la première magistrate de la ville, Antoinette Kapinga Tshibuyi.
C’est à ce moment-là qu’une directive extrêmement contestable aurait été donnée celle d’éliminer, sans aucune forme de procès, les jeunes du quartier de Nganza soupçonnés d’appartenir à la milice Kamuina Nsapu.
À l’époque, de nombreuses organisations non gouvernementales, tant locales qu’internationales, y compris l’ONU, avaient fermement condamné ces mises à mort arbitraires, faisant état de charniers et d’une force excessivement employée. Le bilan officieux de cette période glaçante fait état de près de 3 700 décès, majoritairement des civils désarmés, et de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays, contraintes de fuir la violence.
Malgré les appels à la prudence de l’ONU et la diffusion d’images bouleversantes à l’époque, personne n’a encore été inquiété par la justice pour ces crimes.
Maurice Bahongoli appelle aujourd’hui avec insistance la justice congolaise à remettre cette tragédie au cœur de ses priorités, d’autant plus que plusieurs personnalités politiques sont actuellement confrontées à des enquêtes pour des faits antérieurs. « La mémoire des victimes de Nganza nous oblige. L’impunité ne peut être un refuge pour les crimes d’État », a-t-il déclaré.
Cette volonté de voir Emmanuel Shadary, figure influente et ancien candidat à la présidentielle de 2018, comparaître devant la justice, risque fort de raviver les tensions politiques. Elle pose également la question de la réelle capacité du système judiciaire congolais à juger les atrocités passées, d’autant plus que l’Est du pays connaît une période de troubles persistants.
Un dossier à scruter avec la plus grande attention.
