Kinshasa, 26 décembre 2025- Une nouvelle vague de tensions politiques et sociales secoue la République démocratique du Congo à la suite de la prise de position remarquée de Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, prononcée lors de la messe de la Vigile de Noël.
Dans son homélie, le prélat a dénoncé avec vigueur ce qu’il qualifie de colonialisme économique et de pillage organisé des ressources naturelles congolaises, évoquant notamment des accords miniers jugés déséquilibrés et défavorables aux intérêts nationaux.
Cette sortie, saluée par de nombreuses voix de la société civile, a toutefois suscité une vive réaction au sein d’une frange de la classe politique congolaise.
Maurice Bahongoli, figure connue pour son engagement pro-gouvernemental, a vivement réagi en accusant certains évêques de complicité tacite avec les ennemis de la République, mettant en cause leur prétendu silence face aux agressions militaires attribuées au Rwanda dans l’Est du pays.
« A-t-il déjà cité le Rwanda comme agresseur ? », s’interroge-t-il dans un communiqué largement diffusé sur les réseaux sociaux, qualifiant certaines prises de parole ecclésiastiques d’« homélies diaboliques » et appelant le président Félix Tshisekedi à ne plus faire confiance à ceux qu’il décrit comme des « amis de Kagame ».
Cette escalade verbale met en lumière les fractures persistantes entre les sphères religieuse et politique, notamment autour de la gestion des crises multiformes que traverse le pays : l’insécurité persistante à l’Est, la souveraineté économique et les enjeux de gouvernance.
Alors que les Congolais aspirent à une trêve et à l’apaisement en cette période de fêtes de fin d’année, ces tensions institutionnelles soulignent l’urgence d’un dialogue national sincère et apaisé, fondé sur la vérité, la justice et la primauté de l’intérêt supérieur du peuple.
Mgr Muteba, CENCO, RDC
