Kinshasa, janvier 2026- Deux avocats du Barreau du Nord-Kivu, dont son doyen, ont été enlevés à Goma zone sous contrôle rebelle, par des hommes armés affiliés au mouvement rebelle M23, a alerté l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), dénonçant de graves violations des droits humains.
Il s’agit de Maître Chhiri Kahatwa, doyen du Conseil du Barreau des avocats du Nord-Kivu, été enlevé tôt dans la matinée de ce mardi à son domicile par des hommes armés identifiés comme appartenant au M23 vers une destination demeure inconnue.
D’après ACAJ, compte tenu de son âge très avancé, estimé entre 80 et 90 ans, et de son état de santé jugé critique, son épouse a pris la décision de l’accompagner afin de lui assurer une assistance et une proximité permanentes.
Selon les dernières informations recueillies par l’ACAJ, Maître Chhiri Kahatwa serait détenu dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Goma, une installation actuellement sous contrôle du mouvement M23.
Cette organisation de défense des droits de l’homme, révéle également que Maître Fikiri Lutaicirwa, avocat au même Barreau, a été enlevé le samedi 24 janvier 2026 par des éléments du M23. ACAJ indique que depuis son arrestation, il serait détenu au secret, sans contact avec sa famille ni avec ses conseils, une situation qui suscite de vives inquiétudes quant au respect de ses droits fondamentaux.
Face à ces actes, maître Georges Kapiamba coordonnateur national de ACAJ condamne fermement les enlèvements et les détentions au secret, qu’il qualifie de crimes internationaux imprescriptibles.
Par ailleurs, il exige la libération immédiate et sans condition des deux avocats, l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes, ainsi que l’adoption de mesures appropriées de non-répétition.
En outre, il appelle le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) à s’impliquer activement afin de faire cesser ces violations graves et d’assurer la protection des acteurs judiciaires dans la province du Nord-Kivu.
Ces enlèvements, survenus dans un contexte de conflit armé persistant, ravivent les inquiétudes quant à la sécurité des avocats et des défenseurs des droits humains. Pour l’ACAJ, le silence ou l’inaction face à ces violations graves risqueraient de banaliser des crimes qui portent atteinte à la justice, à l’État de droit et aux droits fondamentaux dans les zones sous contrôle des groupes armés.
