Kinshasa, 15 avril 2026- Présentée comme une délégation à dominante congolaise, la liste des représentants de l’AFC/M23 au 9ᵉ round des négociations de Genève continue de susciter de vives réactions en République démocratique du Congo.
Pour Patrick Katengo Mafo, entrepreneur et homme politique, cette configuration s’inscrit dans une stratégie visant à “congoliser” l’image du mouvement rebelle afin de lui donner une légitimité politique sur la scène internationale avec que c’est un mouvement porté par le Rwanda.
Dans ses déclarations, il accuse ouvertement les membres congolais de cette délégation de ne pas défendre les intérêts nationaux.
Selon lui, ils sont plutôt « utilisés » dans une dynamique qu’il attribue au président rwandais Paul Kagame, évoquant notamment les enjeux liés aux ressources naturelles de l’Est du pays.
« Ils sont que des simples marionnettes au service du Rwanda, le vrai tireur de ficele c’est Kagame » A-t-il dit.
Mais Patrick Katengo Mafo ne s’est pas arrêté là. Il s’est également attaqué à l’ancien directeur général du Cadastre minier (CAMI), Jean-Félix Mupande Kapwa, dont le nom figure parmi les experts associés à cette délégation.
Dans un ton particulièrement critique, il s’interroge : « Comment peut-on passer près de dix ans au cadastre minier et se retrouver aujourd’hui aux côtés d’une rébellion ? ». Il va plus loin en affirmant que l’intéressé serait devenu, selon ses termes, un « garçon de course » au service de Corneille Nangaa et de Bertrand Bisimwa, qui sont les fils de Kagame
Ces propos, particulièrement virulents, s’inscrivent dans un contexte de forte tension autour de la composition de la délégation de l’AFC/M23. Déjà, lors des précédents développements des négociations, la présence de profils congolais, dont Claude Ibalanky Ekolomba, avait été perçue comme une tentative de repositionnement politique du mouvement.
Au-delà des personnes citées, c’est toute la stratégie du M23 qui est remise en question par certains acteurs politiques congolais, qui dénoncent une opération de communication destinée à influencer la perception internationale du conflit.
Dans ce contexte, les propos de Patrick Katengo Mafo viennent illustrer une fracture profonde au sein de l’opinion congolaise, entre lecture politique du conflit et accusations d’ingérence étrangère.
