Kinshasa, 20 avril 2026- La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives inquiétudes. Dans un communiqué rendu public samedi 18 avril, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a dénoncé la construction présumée d’une base militaire rwandaise dans le village de Mumosho, situé en chefferie de Kabare.
Selon ce document signé par le porte-parole de l’exécutif provincial, Me Luganywa-Bashizi Didier Kabé, ces travaux seraient menés par des éléments de l’armée rwandaise récemment infiltrés dans cette zone actuellement sous contrôle de la coalition AFC-M23-RDF.
Les autorités affirment s’appuyer sur plusieurs témoignages concordants de sources locales faisant état d’une activité militaire inhabituelle dans cette partie du territoire.
Face à ce qu’elles qualifient d’« escalade sécuritaire », les autorités provinciales dénoncent une violation flagrante de la souveraineté nationale.
Elles exigent l’arrêt immédiat des travaux de construction et le retrait sans condition de toutes les forces étrangères présentes sur le sol congolais.
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par une méfiance persistante entre Kinshasa et Kigali, régulièrement accusé par les autorités congolaises de soutenir la rébellion du M23.
Une accusation que le Rwanda a toujours rejetée, malgré les rapports de plusieurs organisations internationales évoquant une implication indirecte.
Le gouvernement du Sud-Kivu rappelle par ailleurs un précédent survenu en 2025 sur l’île d’Idjwi, dans le lac Kivu.
À l’époque, les autorités provinciales avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur la présence présumée d’un contingent d’environ 750 militaires rwandais dans la localité de Bwando, groupement de Mugote.
Selon le communiqué publié le 7 septembre 2025, ces militaires auraient été déployés de nuit via la piste de Musoko avant d’entamer des travaux de construction d’une base militaire. L’exécutif provincial avait alors dénoncé une « occupation » opérée sous couvert de la rébellion M23/AFC, évoquant une tentative d’annexion d’une zone stratégique du territoire congolais.
Aujourd’hui, la répétition de telles accusations renforce les craintes d’une détérioration accrue de la situation sécuritaire dans la région.
Pour les autorités du Sud-Kivu, il devient urgent que la communauté nationale et internationale se mobilise afin de préserver l’intégrité territoriale de la RDC et d’éviter une aggravation du conflit dans cette partie du pays déjà fragilisée par des années d’instabilité.
