Kinshasa, 23 avril 2026- La Commission électorale nationale indépendante (CENI) reconnaît des avancées, mais alerte sur des contraintes structurelles qui fragilisent déjà le prochain cycle électoral en République démocratique du Congo. Dans son rapport annuel 2025-2026, l’institution met en avant un bilan contrasté, oscillant entre réalisations techniques et difficultés persistantes liées à l’insécurité et au manque de financement.
Chargée de l’organisation des scrutins, la CENI souligne avoir mené à bien les élections indirectes dans les provinces du Kwilu et du Nord-Ubangi, tout en franchissant une étape jugée clé avec la transmission du fichier électoral à l’ONIP. Des progrès qui traduisent, selon elle, une certaine continuité opérationnelle malgré un contexte national tendu.
Mais ces acquis restent fragiles. L’institution électorale insiste sur un environnement « sévèrement contraint », dominé par l’insécurité dans plusieurs régions du pays, notamment à l’est, et par des ressources financières jugées insuffisantes et irrégulières.
Une situation qui affecte directement la planification, la logistique électorale et la sécurisation de ses infrastructures.
À l’approche du prochain cycle électoral, la CENI hausse le ton. Elle appelle le gouvernement à garantir des décaissements réguliers afin d’éviter les retards chroniques qui ont marqué les processus précédents.
Elle insiste également sur la nécessité de renforcer la protection de ses installations et de son personnel, condition indispensable pour opérer dans des zones à risques.
Au-delà des urgences logistiques et sécuritaires, l’institution affiche une ambition plus structurelle : engager des réformes légales profondes pour améliorer la crédibilité du système électoral congolais.
Objectif affiché : organiser des élections « transparentes, inclusives et crédibles », dans un pays où les processus électoraux restent régulièrement contestés.
Reste que cette feuille de route dépend largement de facteurs externes.
Sans engagement politique clair ni mobilisation financière conséquente de l’État, les ambitions de la CENI pourraient se heurter aux mêmes obstacles qui freinent, depuis plusieurs cycles, la consolidation d’un processus électoral pleinement fiable en République démocratique du Congo.
