Kinshasa, 3 mai 2026- La controverse autour du rôle de Joseph Kabila dans la crise sécuritaire à l’Est de la RDC refait surface à la suite d’une sortie médiatique de Julien Paluku Kahongya. Dans un contexte marqué par les tensions persistantes avec le Rwanda et les récentes sanctions internationales, le ministre de l’Industrie livre une charge directe contre l’ancien chef de l’État.
Dans une tribune publiée ce dimanche, Julien Paluku Kahongya accuse Joseph Kabila d’avoir « sacrifié la souveraineté » de la République démocratique du Congo au profit de Paul Kagame. L’ancien gouverneur du Nord-Kivu évoque une relation de longue date entre les deux dirigeants, qu’il juge préjudiciable aux intérêts nationaux.
Ancien cadre du FCC, Paluku estime que les sanctions imposées par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) contre Joseph Kabila ne relèvent pas uniquement de mesures administratives.
Selon lui, elles seraient fondées sur des enquêtes approfondies portant sur des faits présumés de blanchiment d’argent, de corruption et de soutien occulte à des groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Dans son analyse, il met en avant une supposée convergence entre l’ancien président et la rébellion du Mouvement du 23 mars, qu’il qualifie désormais de « réalité géopolitique ». Il va plus loin en accusant Joseph Kabila d’avoir conclu des accords secrets avec Kigali, renforçant ainsi les soupçons de collusion dans la gestion des conflits à l’Est.
Pour étayer ses accusations, Paluku revient sur plusieurs épisodes clés. Il cite notamment l’arrestation en 2009 de Laurent Nkunda au Rwanda, suivie de l’opération Umoja Wetu, qui avait permis l’entrée de troupes rwandaises sur le sol congolais.
Il évoque également la reddition en 2013 de Bosco Ntaganda à l’ambassade des États-Unis à Kigali, un événement qu’il considère difficilement explicable sans coordination entre Kinshasa et Kigali.
L’actuel ministre critique par ailleurs la déclaration de fin de guerre intervenue en 2014, après la défaite militaire du M23 face aux FARDC en novembre 2013. Selon lui, cette initiative aurait visé à atténuer la portée de cette victoire militaire afin de préserver certains équilibres régionaux sensibles.
En conclusion, Julien Paluku appelle les soutiens de Joseph Kabila à « se raviser », estimant que les éléments aujourd’hui disponibles renforcent l’hypothèse d’une proximité durable entre l’ancien président et les réseaux rebelles opérant dans l’Est de la RDC.
Une prise de position qui risque de raviver davantage les tensions politiques autour de la gestion passée et actuelle de la crise sécuritaire dans la région.
