Goma, 10 mai 2026-La situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs localités du territoire de Masisi, où des habitants dénoncent une multiplication des recrutements forcés et des restrictions de circulation dans des zones contrôlées par le mouvement rebelle M23.
Selon des témoignages recueillis auprès de sources locales, plusieurs jeunes civils seraient contraints d’intégrer les rangs du groupe armé alors qu’ils s’étaient rendus dans certaines zones minières uniquement pour chercher des moyens de subsistance.
Une source ayant récemment séjourné dans la cité minière de Rubaya affirme que de nombreux jeunes venus de différents villages pour travailler dans les carrières minières se retrouveraient enrôlés contre leur volonté.
« Beaucoup arrivent ici uniquement pour chercher de quoi survivre, mais finissent enrôlés de force », confie cette source sous anonymat, évoquant une détérioration du climat sécuritaire dans la région.
Des inquiétudes sont également signalées dans le secteur Osso Banyungu, notamment dans les groupements de Buabo et Nyamaboko Ier.
Des jeunes y seraient régulièrement contraints de transporter des vivres, du matériel et divers équipements destinés aux combattants du M23.
Ces pratiques limiteraient fortement la liberté de mouvement des populations locales et alimenteraient un climat de peur dans plusieurs villages sous contrôle rebelle.
Toujours selon la même source, de nombreux habitants éviteraient désormais les marchés et autres lieux publics par crainte d’être interpellés ou réquisitionnés. Certains civils auraient même choisi de se réfugier dans la brousse afin d’échapper aux pressions et aux représailles.
Cette situation intervient alors que les tensions restent vives dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, malgré les appels nationaux et internationaux en faveur d’une désescalade du conflit et de la protection des populations civiles.
