Kinshasa, 29 mai 2026- Plusieurs organisations de la société civile congolaise se sont réunies pour créer le Conseil pour la Défense de la Constitution (CDC), une nouvelle plateforme citoyenne destinée à s’opposer à toute tentative de modification de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Créé le 28 mai 2026 par l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), la Ligue contre la fraude et la corruption (LICOF) ainsi que JUSTICIA Asbl, le CDC regroupe également des confessions religieuses, des mouvements citoyens et des associations de la diaspora congolaise.
Dans un communiqué conjoint rendu public après l’adoption à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portant sur le changement de la Constitution, cette plateforme dénonce ce qu’elle qualifie de « procédure devant aboutir à un coup d’État constitutionnel » visant à permettre un troisième mandat au Président de la République Félix Tshisekedi.
Le Conseil pour la Défense de la Constitution affirme s’opposer à toute révision constitutionnelle touchant notamment au nombre et à la durée des mandats présidentiels. Selon le CDC, cette démarche constitue une menace pour les acquis démocratiques et pour la stabilité des institutions du pays.
« Le coup d’État constitutionnel n’est pas différent de la prise du pouvoir par les armes », a déclaré Maître Timothée Mbuya, président de JUSTICIA Asbl et membre de la coordination du CDC.
De son côté, Me Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO et coordonnateur du CDC, a appelé les partenaires internationaux de la RDC, notamment l’Union africaine, l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et les organisations internationales, à soutenir les organisations de la société civile dans leur lutte contre toute tentative de modification jugée anticonstitutionnelle.
Le CDC rappelle que l’article 220 de la Constitution interdit toute révision portant notamment sur « le nombre et la durée des mandats du Président de la République », ainsi que sur plusieurs principes fondamentaux liés à la gouvernance démocratique.
La plateforme cite également l’article 219 qui interdit toute révision constitutionnelle pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou de siège, ou lorsque les deux chambres du Parlement ne peuvent se réunir librement.
Selon le CDC, Félix Tshisekedi, élu Président de la République en décembre 2018 pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois, voit son second mandat prendre fin en décembre 2028.
Tout en appelant les Congolais à « briser la peur et la terreur imposée par le pouvoir », le Conseil pour la Défense de la Constitution invite la population à mener des actions pacifiques afin de s’opposer à toute tentative de maintien au pouvoir en dehors des limites fixées par la Constitution.
