Kinshasa, 30 mai 2026-Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a vivement réagi après l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo, un texte qui encadre désormais les modalités de recours à une consultation populaire. Cette adoption ravive immédiatement le débat politique autour de la Constitution de 2006, dans un contexte de fortes tensions et d’interprétations divergentes sur ses objectifs réels.
Dans une déclaration ferme, Denis Mukwege a interpellé les députés issus des provinces de l’Est, soulevant la question de leur légitimité dans un contexte marqué par l’insécurité et la fragilisation de certaines zones du territoire national. Il a lié son propos aux risques de fragmentation du pays et aux conséquences politiques que pourrait engendrer une telle situation.
« Messieurs les députés de l’Est, après le référendum, sans vos électeurs, au nom de quelle population allez-vous continuer de siéger au Parlement ? Auriez-vous une légitimité de représenter une population vivant dans un territoire balkanisé ? Votre anesthésie est très profonde, mais le réveil sera très douloureux dans un pays qui deviendra étranger pour nous tous », a-t-il déclaré.
Cette sortie intervient dans un climat politique déjà tendu, alors que la majorité parlementaire défend une démarche purement technique visant à encadrer les référendums prévus par la Constitution, tandis que l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile y voient une porte ouverte à une révision du texte fondamental.
Le débat sur la Constitution de 2006 s’intensifie ainsi au sein des institutions et dans l’opinion publique, révélant des divergences profondes sur l’avenir institutionnel du pays et les équilibres démocratiques à préserver.
