Kinshasa, 27 mai 2026- Nouveau coup de tension à l’Assemblée nationale. Le groupe parlementaire Ensemble pour la République, formation politique de l’opposition proche de Moïse Katumbi, a annoncé ce mercredi la suspension de sa participation aux travaux parlementaires pour dénoncer ce qu’il qualifie de « dérive constitutionnelle » orchestrée par la majorité présidentielle de l’Union Sacrée de la Nation.
Dans une déclaration politique rendue publique à Kinshasa, les députés d’Ensemble accusent le pouvoir de vouloir ouvrir la voie à une modification de la Constitution à travers l’examen d’une proposition de loi relative à l’organisation d’un référendum.
Une initiative que l’opposition considère comme une menace directe contre les articles 219 et 220 de la Constitution congolaise, réputés verrouiller notamment la limitation des mandats présidentiels.
Pour ce groupe parlementaire, cette démarche intervient dans un contexte national particulièrement préoccupant, marqué par la dégradation sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
Les élus d’Ensemble estiment qu’au lieu d’engager un débat sur des réformes institutionnelles controversées, les priorités devraient rester centrées sur la restauration de la paix, la récupération des territoires occupés et l’amélioration des conditions de vie des Congolais.
Le parti souligne notamment que plusieurs provinces, dont le Nord-Kivu et l’Ituri, demeurent sous état de siège pendant que les affrontements entre les forces armées congolaises, les groupes armés et les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda continuent d’alimenter l’instabilité.
Cette suspension des activités parlementaires risque de raviver davantage les tensions politiques autour de la question d’un éventuel changement constitutionnel, sujet extrêmement sensible dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo.
Par cette décision, Ensemble entend également mobiliser l’opinion nationale et internationale contre ce qu’il présente comme une tentative de concentration du pouvoir et d’affaiblissement des acquis démocratiques obtenus après plusieurs crises politiques dans le pays.
