Kinshasa, 10 octobre 2024- A Kinshasa, la situation est devenue critique pour les chauffeurs de taxis, taxis-bus et conducteurs de motos opérant sur la ligne Beau-Marché-Ex-24 Novembre.
Ces professionnels du transport public rapportent des difficultés croissantes pour s’approvisionner en carburant, un problème exacerbé par la fermeture de nombreuses stations-services dans la capitale. Les conséquences sont immédiates : des retards, des conflits et un climat de frustration palpable parmi les usagers et les conducteurs.
Un taximan, visiblement inquiet, a partagé son expérience avec une dose d’amertume. “Depuis que le Gouvernement a décidé de baisser le prix du litre à la pompe, j’ai constaté une rétention de stock. La plupart des stations sont fermées, et ceux qui sont ouverts exigent des pourboires pour servir”, se plaint-il. Cette situation pousse de nombreux chauffeurs à se tourner vers des vendeurs ambulants, surnommés « kaddafi », pour se procurer du carburant à des prix souvent exorbitants.
Les accusations de corruption ne s’arrêtent pas là. De nombreux chauffeurs affirment qu’ils doivent verser entre 1 500 et 2 000 CDF pour obtenir du carburant. Ce phénomène de pot-de-vin à la pompe suscite une indignation croissante. “Nous demandons au Gouvernement d’intervenir pour mettre fin à cette pratique qui complique notre travail et celui de nos clients”, ajoute un autre conducteur, exaspéré par la situation.
Emery Mbatshi Bope, président de l’Association des pétroliers privés de la RDC, a réagi aux accusations portées contre les pompistes. Selon lui, il n’existe aucune justification pour la rétention de stock, affirmant que la baisse du prix du carburant a été décidée en accord avec le Gouvernement. “Si quelqu’un vous demande un pourboire, c’est une infraction. Ces comportements doivent cesser”, déclare-t-il, appelant à une meilleure régulation du secteur.
Le ministre de l’Économie nationale a récemment fixé le prix du litre d’essence à 2 990 CDF, tandis que celui du gasoil est à 2 979 CDF. Pour les chauffeurs, ces nouveaux tarifs devraient faciliter l’accès au carburant, mais la réalité sur le terrain semble tout autre. La fermeture de nombreuses stations-services et les pratiques douteuses des pompistes jettent une ombre sur cette réforme.
Face à cette crise, les conducteurs de Kinshasa espèrent des mesures concrètes de la part des autorités pour garantir un approvisionnement régulier en carburant. Les usagers, quant à eux, subissent les conséquences de cette situation chaotique, rendant le transport dans la capitale congolais de plus en plus difficile.
