Kinshasa, 18 novembre 2024- L’opposant congolais Moïse Katumbi a vivement réagi aux déclarations faites par le président Félix Tshisekedi lors d’un discours à Lubumbashi le 16 novembre. Au cours de cet événement, Tshisekedi a affirmé que rien ne pourrait l’empêcher de modifier la Constitution. Dans un message publié sur X, Katumbi n’a pas hésité à dénoncer ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du président en place.
Katumbi dépeint Félix Tshisekedi comme un « dictateur » qui cherche à prolonger son pouvoir au-delà de son second mandat, qu’il qualifie d’usurpé. Il critique également l’absence d’écoute du président face aux préoccupations des Congolais, déclarant que pendant six années, Tshisekedi a ignoré les priorités de la population. Ce constat amer renforce la position de Katumbi en tant que voix de l’opposition, déterminée à défendre les intérêts du peuple.
L’article 217 de la Constitution, mentionné par Tshisekedi dans son discours, est au cœur des préoccupations de Katumbi. Celui-ci considère que cet article pourrait ouvrir la voie à un abandon de la souveraineté nationale, une situation qu’il juge inacceptable. Katumbi souligne que la nécessité de promouvoir l’unité africaine ne devrait pas se faire au détriment de la souveraineté de la RDC.
Dans sa critique, l’ex-gouverneur du Katanga accuse Tshisekedi d’interpréter erronément la Constitution pour justifier ses ambitions politiques. Il rappelle que les arguments du président, qui prétend que la Constitution serait la cause des souffrances du peuple, sont infondés. Selon lui, une telle interprétation démontre une méconnaissance des principes juridiques fondamentaux qui régissent le pays.
« Sa déclaration stupéfiante sur l’article 217 de notre Constitution, prétendument « concoctée à l’étranger par des étrangers », ne fait que révéler son ignorance des principes juridiques dont la compréhension ne nécessite même pas une expertise en matière constitutionnelle”, critique Moïse Katumbi.
Le leader d’Ensemble pour la République s’inquiète également des conséquences de ces manœuvres politiques sur la mémoire des martyrs congolais. Il estime que Tshisekedi profane leur héritage en cherchant à manipuler les termes constitutionnels pour ses propres intérêts. “Aujourd’hui, il piétine leur sang pour assouvir sa soif du pouvoir”, regrette-t-il. Katumbi affirme que la population congolaise n’est pas dupe et rappelle que les souffrances vécues ne peuvent être effacées par des promesses sans fondement.
En conclusion, Moïse Katumbi prévient que la détermination de Tshisekedi à modifier la Constitution pourrait le mener à sa perte. “Un dictateur risque de finir seul, chassé et abandonné, laissant derrière lui un peuple en révolte”, avertit-il. Cette déclaration souligne la tension croissante entre l’opposition et le pouvoir en place, alors que les Congolais restent vigilants face aux évolutions politiques à venir.
