Kinshasa, 04 février 2025- La tension monte en Afrique centrale, et la diplomatie tente une nouvelle fois d’éteindre l’incendie. Ce samedi, Dar es Salaam accueillera un sommet extraordinaire réunissant les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, sous l’égide de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Cette rencontre, initiée par la présidence kényane, vise à trouver une issue au conflit en RDC.
Ce sommet intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali sont au plus bas. Depuis la prise de Goma par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs sources, la situation ne cesse de se détériorer. L’avancée continue des rebelles menace non seulement la stabilité de l’est congolais mais aussi l’ensemble de la région, ravivant les craintes d’un embrasement généralisé.
Face à cette crise, les États membres de l’EAC et de la SADC cherchent une réponse commune. Alors que les efforts diplomatiques précédents n’ont pas permis d’enrayer l’offensive du M23, cette rencontre pourrait être une ultime tentative pour éviter une guerre ouverte entre le Rwanda et la RDC. Le défi est de taille : concilier des positions diamétralement opposées et restaurer un dialogue rompu depuis plusieurs mois.
Si l’issue de ce sommet reste incertaine, sa simple tenue est un signe que la voie diplomatique n’est pas totalement épuisée. Reste à savoir si Félix Tshisekedi et Paul Kagame seront prêts à faire des concessions pour désamorcer la crise. L’implication de la SADC, aux côtés de l’EAC, pourrait jouer un rôle clé en élargissant les options sur la table, y compris une intervention militaire régionale si la situation l’exige.
Le sommet de Dar es Salaam pourrait donc être un tournant décisif pour l’avenir de l’est congolais. Mais sans un engagement sincère des deux parties, cette rencontre risque de n’être qu’un nouvel épisode d’une interminable impasse diplomatique. Tous les regards sont désormais tournés vers la Tanzanie, dans l’attente d’une issue qui pourrait redessiner la géopolitique de la région.