Kinshasa, 04 avril 2025- Dans un contexte politique déjà sous tension, Ferdinand Kambere, cadre influent du PPRD, vient de jeter un pavé dans la mare. Dans une interview accordée à Mediacongo, il a dénoncé avec virulence les consultations politiques actuellement menées en RDC, qu’il considère comme une mascarade sans consistance. Pour lui, rien de nouveau sous le soleil : une mise en scène politique déjà vue lors de la naissance de l’Union sacrée.
Ce qui fait particulièrement grincer des dents du côté du FCC, c’est la participation de certaines figures présentées comme leurs représentants, mais que Kambere qualifie carrément d’imposteurs. Il cite nommément Lompempe, qu’il accuse de parler abusivement au nom du FCC : “On ne va pas ramasser n’importe qui pour parler en notre nom !” tonne-t-il, dénonçant un manque de rigueur et de respect des structures internes du Front Commun pour le Congo.
Kambere, fidèle à la ligne de Joseph Kabila, rappelle que le FCC a d’ores et déjà décliné toute participation à ces consultations. Selon lui, la position de leur autorité morale est claire : “nous ne sommes pas concernés”. Il compare même cette posture à celle d’un aigle surplombant la mêlée, insensible aux gesticulations politiques actuelles.
L’ex-conseiller spécial de Kabila fustige également le manque de vision des initiateurs de ces consultations, qu’il accuse de recycler les mêmes méthodes inefficaces. Il y voit une opération de communication sans impact réel sur les problèmes que traverse le pays : insécurité, pauvreté, instabilité institutionnelle. Un simple « replay » politique, selon ses mots.
Plus incisif encore, Kambere s’en prend à une partie de l’opposition, qu’il juge opportuniste. Il accuse certains acteurs de se lancer dans ces dialogues non pas par conviction patriotique, mais par pur intérêt personnel. Il parle d’une « conception politique de ventre », suggérant que la motivation première serait la quête de postes ou d’avantages, et non la recherche de solutions pour la population.
Au fond, cette sortie musclée de Kambere révèle le fossé toujours béant entre le FCC et le pouvoir en place. L’idée d’un dialogue national consensuel semble bien loin, tant les lignes politiques restent figées et les rancœurs tenaces. Pour le camp Kabila, la crédibilité passe par le respect des structures et des figures légitimes, et non par des compromis de circonstance.
Dans ce climat de défiance, la démarche actuelle du pouvoir pourrait bien se heurter à une opposition passive mais déterminée, qui préfère l’abstention à la compromission. Et pendant que certains parlent, d’autres, comme Kambere, préfèrent dénoncer — quitte à élever le ton.
