Kinshasa, 23 juillet 2025- Alors que la RDC s’engage sur plusieurs fronts diplomatiques à Washington avec Kigali sous médiation américaine, et à Doha avec le M23-AFC grâce à l’implication du Qatar, une figure politique emblématique refait surface. Joseph Kabila, l’ancien chef de l’État, toujours installé à Goma, semble loin d’avoir abandonné la scène politique. Récemment déchu de son immunité parlementaire, il exprime une opposition ferme au volet minier de l’accord conclu entre Kinshasa et les États-Unis, tout en préparant activement son retour dans le débat public.
Après avoir mené une série de rencontres discrètes à Goma et à Bukavu, Kabila a achevé une tournée régionale qu’il a voulue stratégique. Un document de synthèse, fruit de ces consultations, aurait été rédigé, bien qu’aucune date ne soit encore annoncée pour sa publication. La conférence de presse initialement prévue a été reportée, ce qui laisse supposer une volonté de contrôler soigneusement le calendrier politique.
Selon une source proche de l’ancien président, interrogée par RFI, le contenu de ce rapport devrait être présenté lors d’un dialogue national en cours de préparation, sous l’impulsion conjointe des Églises catholique et protestante. Joseph Kabila prévoit d’y prendre une part active. Son entourage précise cependant qu’il ne s’agit pas d’un projet de reconquête du pouvoir, mais plutôt d’une volonté de défendre des causes prioritaires comme la gouvernance ou la situation sécuritaire à l’est du pays.
De son côté, Washington insiste sur l’importance d’une gouvernance plus inclusive. La porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce, a rappelé que le retour des populations déplacées et la stabilité régionale figuraient parmi les priorités américaines. Des préoccupations qui résonnent avec les positions exprimées par Kabila, notamment à travers son conseiller de confiance, Kikaya Bin Karubi, aperçu récemment à Washington pour un plaidoyer politique.
Malgré les affaires judiciaires en cours à son encontre, Joseph Kabila ne semble pas prêt à quitter définitivement le jeu politique. Son entourage assure qu’il suit attentivement l’évolution des discussions de Doha et Washington. Ni totalement en retrait, ni officiellement de retour, il semble s’imposer comme un acteur de poids dans la recomposition politique à venir.
