Kinshasa, 24 juillet 2025-La tension est palpable au sein du parti Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) dans la province du Haut-Katanga. En cause, une série de nominations signées par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, qui suscitent colère et frustration au sein de la base militante du parti présidentiel.
La goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est la nomination récente de Delveaux Musuba au poste de bourgmestre adjoint de la commune de Kambove. Pour de nombreux militants de l’UDPS, c’est une insulte directe surtout que Delveaux Musuba est connu comme membre actif du parti « Avançons MS », une composante de la plateforme d’opposition « Ensemble pour la République » de Moïse Katumbi. Il s’était d’ailleurs présenté sous cette étiquette aux législatives de 2023.
Ce choix est jugé d’autant plus provocateur que Musuba est accusé d’avoir été l’un des visages les plus virulents de l’opposition à Félix Tshisekedi à Kambove, allant jusqu’à déchirer des affiches du chef de l’État lors de la campagne. Comment un tel personnage peut-il être aujourd’hui promu à un poste d’autorité locale sous un gouvernement issu de l’UDPS ? La base ne comprend pas. Pire encore, elle se sent trahie.
Des militants dénoncent une politique de favoritisme orchestrée par le VPM Shabani, qui semble privilégier ses proches et alliés politiques, y compris issus de l’opposition, au détriment des combattants de l’UDPS qui, eux, ont fait campagne sur le terrain et payé le prix fort pour la victoire du président Tshisekedi.
« Est-ce ainsi que l’on récompense la fidélité ? » s’interroge un cadre local du parti. Pour beaucoup, les agissements de Jacquemin Shabani ne servent ni l’intérêt du chef de l’État, ni celui de son parti. Au contraire, ils divisent, frustrent, et alimentent un climat de méfiance au sein d’un bastion stratégique comme le Haut-Katanga.
Et ce n’est pas un cas isolé. Les militants rappellent l’affaire Patrick Kafwimbi, nommé maire intérimaire de Lubumbashi par Shabani, avant que cette nomination ne soit annulée par le Conseil d’État au profit de Joyce Tunda. À celà s’ajoute le cas de l’Assemblée provinciale où le Président Michèl Kabwe est sur une chaise éjectable. Une autre illustration, selon eux, de la gestion chaotique et partisane des affaires intérieures par le VPM.
Face à cette série de décisions jugées arbitraires, les voix s’élèvent pour demander l’intervention directe du président Félix Tshisekedi. L’UDPS, affirment-ils, ne peut pas continuer à être sacrifiée sur l’autel des ambitions personnelles d’un VPM qui, selon leurs mots, semble vouloir construire sa propre base politique au détriment du parti au pouvoir.
