Kinshasa, 30 juillet 2025- En RDC, les récentes ordonnances de nomination prises par le président Félix Tshisekedi continuent de susciter des remous. Alors que ces décisions provoquent déjà des crispations au sein de certains partis politiques, elles ne laissent pas non plus indifférentes les églises dites de réveil, dont certaines dénoncent une forme de favoritisme religieux.
Face à deux chroniqueurs politiques, l’évêque Pascal Mukuna, responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa (ACK), a exprimé son inquiétude. Selon lui, le Chef de l’État serait aujourd’hui sous l’influence de l’apôtre Roland Dalo, leader de l’église Philadelphie. « Des murmures se font entendre dans plusieurs milieux religieux, qui s’interrogent sur l’absence d’assistance équilibrée du Président de la République », a-t-il indiqué, dénonçant une dérive silencieuse mais préoccupante.
L’homme de Dieu Roger Baka a quant à lui pris une position plus nuancée. Tout en reconnaissant la proximité entre Roland Dalo et le chef de l’État, il a préféré lui adresser un avertissement teinté de conseil. « La mission que Dieu vous a donnée auprès du Chef de l’État n’est pas de favoriser votre église à devenir le parti politique qui propose plus de membres pour les nominations », a-t-il rappelé avec fermeté.
Au cœur de la controverse figure notamment la nomination de Medi Vedoso, pasteur à l’église Philadelphie et beau-fils de Roland Dalo, récemment désigné comme chargé des missions du Président de la République, en charge des questions stratégiques. Une décision perçue par certains observateurs comme la confirmation d’une influence croissante de cette communauté religieuse au sein du pouvoir.
D’autres figures issues de l’église Philadelphie auraient également bénéficié de postes de responsabilité, alimentant ainsi les accusations de favoritisme religieux. Cette situation ravive le débat sur la séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir politique, dans un pays où l’influence des églises de réveil reste considérable.
