Kinshasa, 31 juillet 2025- A l’occasion de la 6ᵉ Conférence mondiale des présidents de parlement, Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat congolais, a lancé un appel fort en faveur d’une coopération parlementaire internationale renforcée. Selon lui, seule une action collective et multilatérale permettra de faire face aux multiples crises sécuritaires et humanitaires qui secouent la planète.
Depuis le 29 juillet, plus de 150 présidents de parlement sont réunis à Genève pour cette rencontre de haut niveau, organisée par l’Union interparlementaire (UIP) en partenariat avec les Nations Unies. Placée sous le thème : « Le monde dans la tourmente : coopération parlementaire et multilatéralisme en faveur de la paix, de la justice et de la prospérité pour tous », la conférence vise à redéfinir le rôle des parlements dans la construction d’un ordre international plus équitable.
Lors de son intervention en plénière, Sama Lukonde a exprimé ses préoccupations face à la détérioration continue de la situation mondiale. Il a dénoncé la persistance des conflits armés, des inégalités sociales croissantes et des crises humanitaires qui, selon lui, freinent les objectifs de paix et de développement. « Le monde fait face à des crises multiples qui fragilisent la paix, l’éducation, la justice et le développement de différentes nations. Ces menaces doivent être abordées avec objectivité et courage », a-t-il souligné.
Le président du Sénat congolais a également insisté sur la nécessité pour les parlements de dépasser les clivages politiques ou géographiques afin d’adopter des politiques inclusives et porteuses de paix. Il a notamment évoqué la situation dramatique de l’Est de la RDC, ravagé par les violences armées depuis plus de trois décennies, avec un bilan humain et humanitaire lourd. Selon lui, ces conflits sont principalement nourris par un pillage massif des ressources naturelles, ayant entraîné la mort de plus de 10 millions de personnes et provoqué près de 7 millions de déplacés internes.
Dans son plaidoyer, Sama Lukonde a salué plusieurs initiatives internationales récentes, visant à instaurer une paix durable. Il a cité entre autres : la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptée en février 2025, l’Accord de paix de Washington signé le 27 juin entre la RDC et le Rwanda, la Déclaration de principes de Doha du 19 juillet avec le M23, ainsi que les processus régionaux de Nairobi et de Luanda sous l’égide de l’Union africaine.
Clôturant son discours, le président du Sénat a exhorté ses homologues à soutenir activement la mise en œuvre de ces mécanismes de paix. Il a insisté sur la nécessité pour les institutions parlementaires mondiales de jouer un rôle de premier plan dans la stabilisation de la région des Grands Lacs, en apportant leur appui à des politiques de justice, de réconciliation et de développement inclusif.
