Kinshasa, 22 août 2025- La Fédération congolaise de football association (Fécofa) a adressé, le vendredi 15 août, une correspondance au Tribunal arbitral du sport (TAS) pour lui notifier son incapacité à exiger de la Ligue nationale de football (Linafoot) la reprise des six journées restantes du championnat national. L’instance dirigeante précise toutefois que cette impasse n’est pas liée à un manque de volonté de sa part.
Dans cette lettre, la Fécofa évoque des contraintes matérielles et réglementaires qu’elle dit avoir héritées d’une gestion antérieure à son mandat. En effet, le Comité de normalisation en place n’a été désigné que le 3 juillet dernier, alors que la décision de suspendre le championnat avait été prise dès le 27 juin par ses prédécesseurs.
Malgré ces obstacles, la fédération congolaise affirme rester ouverte à une issue concertée et réitère son engagement à respecter la sentence du TAS. Cependant, de son côté, le tribunal arbitral maintient fermement sa position et l’a réaffirmée à toutes les parties impliquées.
Un problème demeure néanmoins : le TAS, bien qu’il statue, n’a aucun moyen de coercition pour imposer ses décisions. Leur application repose donc uniquement sur la bonne foi des instances concernées, lesquelles reconnaissent pourtant son autorité dans des cas de ce genre.
Selon ses nouveaux statuts (articles 74 et 75), la Fécofa est tenue de se conformer aux décisions du TAS, conformément aux textes de la CAF et de la FIFA. Mais ces deux grandes instances n’ont pas été officiellement saisies pour intervenir et ne sont pas non plus obligées d’imposer une contrainte, car cela relève d’un choix volontaire.
Cette situation soulève un dilemme. La Fécofa finira-t-elle par se sanctionner elle-même si elle ne donne pas suite à la décision du TAS ? La question reste entière et alimente actuellement les débats dans l’opinion sportive congolaise.
D’après plusieurs sources, la CAF a déjà ouvert sa plateforme d’enregistrement des joueurs pour les clubs engagés en compétitions interclubs. Le duel entre Lupopo et El Merreikh du Soudan a d’ailleurs été confirmé, signe que la décision du TAS ne sera probablement pas appliquée ni par la Fécofa, ni par la CAF, ni même par la FIFA.
Pour rappel, c’est à la suite d’un appel du TP Mazembe que le TAS avait ordonné, le 16 juillet, la tenue des six dernières journées du championnat. Mais l’expérience du passé, comme le litige V.Club-Fécofa d’il y a quatre saisons, démontre que ces décisions restent souvent sans effet. Le Mazembe, qui a perdu six points cette saison pour l’alignement d’un joueur litigieux et a manqué ses deux derniers matchs, pourrait encore en être la preuve vivante.
