Kinshasa, 23 août 2025- Le Prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a dénoncé avec vigueur le massacre commis par l’AFC/M23 en juillet dernier dans le territoire de Rutshuru, près du parc national de Virunga. Documenté par Human Rights Watch, ce drame a coûté la vie à plus de 140 civils Hutu. Le gynécologue congolais a renouvelé son appel à l’Union européenne et à d’autres partenaires internationaux pour des sanctions fortes et coordonnées contre les responsables politiques et militaires de ces crimes qualifiés de “graves”.
Mukwege a validé les sources utilisées par Human Rights Watch et Amnesty International dans l’élaboration de leur rapport. Il a exhorté la communauté internationale à ne pas ignorer les conclusions de la société civile et des Nations Unies qui viennent renforcer la documentation de cette tragédie.
Rappelant les massacres de 1996 et 1997 recensés dans le rapport Mapping, l’ancien candidat à la présidence a établi un parallèle avec les tueries récentes. Dans ce contexte, il a plaidé pour la mobilisation de ressources afin de mettre en place un Tribunal Pénal international pour le Congo ainsi que des chambres spécialisées mixtes.
« Les États et les institutions qui cherchent à restaurer la paix dans la région des Grands Lacs ne pourront faire l’économie de la justice et nier les millions de victimes congolaises », a-t-il écrit. Denis Mukwege insiste : « Nous réitérons notre appel aux Nations Unies, à l’Union européenne et aux États à adopter sans plus tarder des sanctions fortes et coordonnées (…) et à mobiliser les ressources pour mettre en place un Tribunal Pénal International pour le Congo, des chambres spécialisées mixtes et tous les outils de la justice transitionnelle en RDC ».
Et d’ajouter : « Presque 15 ans après la publication du rapport Mapping, les rapports récents de la société civile et des Nations Unies doivent interpeller la communauté internationale. Elle ne peut plus fermer les yeux sur cette tragédie et a l’obligation morale et juridique de mettre fin à l’impunité pour éviter la répétition de ces crimes les plus graves ».
Dans son rapport du 20 août, HRW attribue à l’AFC/M23 la responsabilité d’une centaine d’assassinats, touchant en majorité des agriculteurs Hutu. Le massacre a concerné 14 villages du groupement Binza, dont Busesa, Kakoro, Kafuru et Nyamilima. Alors que des pourparlers sont en cours à Doha entre Kinshasa et la rébellion, les États-Unis espèrent un accord de paix.
