Kinshasa, 31 août 2025- Les propos de Donald Trump, qui affirme avoir « mis fin à la guerre en RDC », ont provoqué une vague d’indignation parmi les évêques catholiques. Pour eux, parler de paix en l’associant uniquement à l’accès aux minerais revient à propager une illusion qui masque la persistance des violences dans l’Est du pays.
D’après le média américain Cruxnow.com, plusieurs responsables ecclésiastiques africains ont dénoncé cette déclaration de l’ancien président américain. Ils y voient une exagération et mettent en garde contre une vision de paix « transactionnelle », dans laquelle les ressources minières priment sur la réalité du terrain.
En juin, l’administration Trump avait parrainé un accord entre Kinshasa et Kigali, présenté comme un instrument de stabilisation. Toutefois, le M23, considéré comme soutenu par le Rwanda, a rejeté cet accord, exigeant plutôt des discussions directes avec le gouvernement congolais.
Malgré ce rejet, Donald Trump a revendiqué le succès de l’opération, parlant d’une RDC décrite comme la zone « la plus sombre et la plus profonde » d’Afrique, tout en affirmant que « neuf millions de personnes avaient été tuées à coups de machette » au cours des conflits.
« Bien sûr qu’il exagérait. Si vous regardez le soi-disant accord, il n’y avait que les gouvernements du Rwanda et de la RDC. Aucun des groupes rebelles n’était présent », a réagi Johan Viljoen, directeur de l’Institut Denis Hurley pour la paix de la Conférence des évêques d’Afrique australe, cité par Cruxnow.
Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a également critiqué cette approche conditionnée aux ressources naturelles. « Congolais et Rwandais, vous êtes en guerre à propos des minerais, et moi, le grand Trump, je viendrai vous réconcilier, et vous me donnerez les minerais », a-t-il déclaré avec ironie, rappelant que « des siècles d’extractivisme et d’exploitation » ont déjà appauvri le continent.
Dans la même logique, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a regretté que les principaux chefs rebelles aient été exclus des négociations, insistant sur la nécessité de « parler à tout le monde ». Le Père Aurélien Kambale Rukwata, de la Commission Justice et Paix de Butembo-Beni, a souligné que « ce n’est pas une initiative partisane, mais citoyenne », appelant les dirigeants à placer « l’intérêt de la nation au-dessus de celui des partis ».
Pour l’Église catholique congolaise, une paix durable ne peut être imposée de l’extérieur ni réduite à un troc autour des minerais. De nombreux acteurs de la société civile partagent ce constat, estimant que seule une justice sociale réelle et une lutte contre l’impunité peuvent mettre fin aux violences persistantes en RDC.
