Kinshasa, 22 septembre 2025- La famille du pasteur Daniel Ngoy Mulunda a saisi le Président de la République, Félix Tshisekedi, pour solliciter une dérogation humanitaire exceptionnelle permettant à ce dernier d’assister aux obsèques de son père biologique, Numbi Kabange Fandeus, décédé le 5 septembre 2025.
Dans cette lettre, la famille exprime une « douleur profonde et une immense consternation », soulignant que la perte d’un parent constitue une épreuve personnelle, mais également un moment de devoir filial irrévocable et universel. Elle rappelle que, dans la culture congolaise comme dans les principes universels des droits humains, accompagner un parent défunt à sa dernière demeure est une obligation morale qui dépasse toute considération.
Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), se trouve actuellement en détention. Cette situation l’empêche de se rapprocher de sa famille et de rendre les derniers hommages à son père. Face à ce drame, la famille en appelle à la « haute et bienveillante autorité » du Chef de l’État pour user de sa prérogative constitutionnelle en tant que Magistrat suprême, afin d’accorder une autorisation spéciale lui permettant d’assister à la cérémonie funéraire.
« Il ne s’agit pas seulement d’un geste de compassion envers un homme privé de liberté, mais aussi d’un acte d’humanité, de justice et de fidélité à nos valeurs communes », peut-on lire dans la lettre, ajoutant que ce geste marquerait l’histoire comme une démonstration que « l’humanité reste la première loi ».
La famille insiste sur le fait que cette requête n’est pas une faveur, mais un droit moral et universel, celui pour tout fils d’honorer la mémoire de son père. Elle se dit confiante que la sagesse et le sens de justice du Chef de l’État conduiront à une réponse favorable.
Cette correspondance, datée du 19 septembre, a été enregistrée ce 22 septembre 2025 au cabinet du ministre de l’Intérieur sous le numéro 1493. Elle a également été transmise pour information au ministre d’État en charge de la Justice, au Procureur général près la Cour de cassation ainsi qu’au directeur du Conseil national de sécurité (CNS).
Ngoy Mulunda a été arrêté pour des propos jugés séparatistes et diffamatoires contre la communauté le Président de la République.
