Kinshasa, 03 octobre 2025- Face aux nombreux dossiers sécuritaires et aux initiatives internationales, Bintou Keita, représentante spéciale de l’ONU en RDC, a indiqué au Conseil de sécurité que la tenue d’un dialogue national avance grâce à des initiatives internes, parallèles aux démarches de Washington et de Doha.
Pour Mme Keita, l’initiative des confessions religieuses, qui a déjà conduit à la publication d’une feuille de route, constitue une étape déterminante pour l’ouverture de l’espace civique et le renforcement de la cohésion nationale. Selon elle, ce document devrait également permettre de garantir un climat de confiance et de sécurité en vue des élections prévues en 2028.
« Au sein du pays, une initiative de dialogue interne a vu le jour. Elle est portée par les principales confessions religieuses et soutenue par le président Félix Tshisekedi. Elle a déjà produit des résultats : une feuille de route publiée en août marque une étape décisive. Ouvrir l’espace civique et renforcer la cohésion sociale sont essentiels. Sans cela, les élections générales de 2028 ne pourront bénéficier d’un climat de sécurité et de confiance », a-t-elle déclaré mardi 30 septembre devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
La cheffe de la MONUSCO a également insisté sur l’importance de l’inclusivité dans ce type d’initiatives. « J’appelle tous les responsables politiques à être inclusifs. À condamner les discours de haine d’où qu’ils proviennent. À choisir le dialogue. En même temps, j’exhorte la population à s’abstenir de tels discours, à ne pas propager la désinformation et la mésinformation », a-t-elle recommandé.
Les principales confessions religieuses de la RDC, parmi lesquelles la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’Église du Christ au Congo (ECC), la Plateforme des confessions religieuses et la Coalition interconfessionnelle pour la Nation (CIN), avaient présenté le 25 août une feuille de route détaillée. Cette initiative vise à répondre aux conflits persistants, y compris la résurgence de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, ainsi que d’autres groupes armés qui déstabilisent l’est du pays.
La feuille de route comprend quatre grandes étapes, constituant la trame du Processus national et inclusif de Paix en RDC. Selon les confessions religieuses, ces étapes servent de jalons pour l’Initiative du Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble dans le pays et dans la région des Grands Lacs. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la recommandation du président Tshisekedi d’élargir l’initiative à d’autres courants religieux et de coordonner le travail avec son cabinet afin de renforcer et harmoniser l’initiative à l’échelle nationale et internationale.
Enfin, Félix Tshisekedi a réaffirmé son attachement à un dialogue national souverain, rejetant toute médiation extérieure. Lors du deuxième congrès de l’Union sacrée pour la nation (USN), il a souligné que les initiatives de Washington et de Doha restent des soutiens diplomatiques pour protéger la RDC des influences extérieures visant à déstabiliser le pays, notamment sur le plan sécuritaire.
