Kinshasa, 16 octobre 2025- Le gouvernement congolais exprime désormais ouvertement son exaspération face à Nairobi. Le Vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la sécurité, Jacquemin Shabani, a vertement dénoncé le rôle du Kenya, accusé d’avoir accueilli une nouvelle réunion de l’opposition congolaise qu’il juge « hostile » aux institutions nationales.
Dans une interview accordée à Top Congo FM, le VPM a regretté que la capitale kényane soit devenue un véritable refuge pour des initiatives visant, selon lui, à semer le désordre en République démocratique du Congo. « Ce pays, au niveau de la République démocratique du Congo, a déjà été suffisamment identifié par rapport à sa capacité à accueillir des réunions qui projettent le chaos au Congo », a-t-il déploré.
Jacquemin Shabani a précisé que la situation diplomatique entre Kinshasa et Nairobi ferait l’objet d’une réévaluation. Il a assuré que la réponse congolaise passerait par des mécanismes diplomatiques appropriés. « Cette question sera traitée de manière responsable, par les voies diplomatiques classiques », a-t-il affirmé.
Les 14 et 15 octobre derniers, plusieurs figures de l’opposition, sous la conduite de Joseph Kabila, se sont retrouvées à Nairobi pour débattre de « l’avenir du Congo ». De cette rencontre est né le « mouvement Sauvons la République Démocratique du Congo », une nouvelle plateforme politique censée proposer une « solution concertée » à la crise actuelle. Le groupe a également plaidé pour un dialogue national, une idée déjà soutenue par la CENCO et l’ECC.
Réagissant à cette initiative, Jacquemin Shabani a indiqué que parmi les participants figuraient des personnes « recherchées par la justice congolaise pour des faits précis et connus ». Il a promis un suivi attentif des conclusions du conclave. « Nous allons analyser les comportements et les résolutions de cette réunion pour prendre les dispositions nécessaires. Nous avons la responsabilité de protéger la République, la population et le territoire contre tout danger. Si c’est une réunion qui parle du progrès et du développement du pays, il n’y a rien à craindre », a-t-il précisé.
Le Kenya n’en est pas à sa première controverse avec Kinshasa. Le précédent le plus marquant reste la création, à Nairobi également, de l’Alliance fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa. Plus récemment, le pays de William Ruto avait encore irrité les autorités congolaises en annonçant unilatéralement la nomination d’un consul à Goma, sans consultation préalable.
