Kinshasa, 18 octobre 2025- L’inquiétude grandit à Kinshasa face à une insécurité qui s’étend dangereusement. Après l’attaque armée survenue à l’agence Rawbank de la Place Victoire, les élus nationaux de la capitale ont exprimé une vive indignation. Cet acte, survenu en plein jour dans une zone emblématique de la ville, symbolise selon eux l’effondrement de l’ordre public et le désarroi des habitants face à la criminalité urbaine.
Dans une déclaration faite le vendredi 17 octobre, ces parlementaires ont condamné avec force la montée de l’insécurité. Pour eux, le braquage de la Rawbank n’est pas un simple fait divers, mais un tournant inquiétant révélant la faiblesse du système sécuritaire de la capitale. Ils estiment que « l’impensable s’est produit au cœur de Kinshasa, au Rond-point Victoire, où des clients et agents ont été pris en otage en pleine journée », un événement qu’ils qualifient de « signal d’alarme retentissant ».
Les 55 élus de la ville tirent la sonnette d’alarme : la violence n’épargne plus personne. Le jour comme la nuit, des scènes d’agressions, de vols et de pillages se multiplient sous le regard impuissant des forces de l’ordre. Le phénomène « Kuluna », jadis cantonné à certains quartiers, touche désormais toutes les communes, y compris Gombe, autrefois symbole de sécurité et de stabilité.
Dans leur déclaration, les élus dénoncent également la recrudescence des « vols à la tire, des pillages et des agressions », facilités par les embouteillages et l’absence de dissuasion policière. Ils évoquent aussi la tragédie de Maluku, où « la milice Mobondo endeuille chaque jour la population dans l’indifférence générale ». Pour eux, une capitale qui se veut le miroir de la République ne peut donner une telle image de désordre et de peur.
Conscients de la gravité de la situation, les députés nationaux appellent à une réaction immédiate. Ils interpellent le gouvernement provincial, la Police nationale congolaise ainsi que le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, pour des « mesures urgentes et des actions concrètes » capables de restaurer la paix et la confiance des citoyens.
« Les autorités provinciales doivent agir sans délai pour rétablir l’ordre public. La police doit être réorganisée et remobilisée, tandis que le ministre de l’Intérieur doit user de toute son autorité pour garantir la sécurité de la population kinoise », ont-ils recommandé avec insistance.
En réaction à cette attaque, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a convoqué une réunion de crise avec les services de sécurité. Selon son cabinet, il a salué la réactivité des agents présents sur les lieux, qui ont réussi à neutraliser plusieurs assaillants sans qu’aucune victime ne soit à déplorer.
D’après la cellule de communication du ministère, Shabani s’est déclaré satisfait de « la promptitude et du professionnalisme » des forces engagées. Il a félicité l’ensemble des services pour leur « engagement constant dans la lutte contre la criminalité urbaine » et les a exhortés à redoubler de vigilance et de coordination afin de prévenir d’autres drames dans la capitale et sur tout le territoire national.
